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CHAMBRE A PART ... - Page 7

  • 2012-2013 nouvelle saison de musique de chambre à Lille, la 6e

    Si on nous avait dit que ça durerait plus de cinq ans on ne l'aurait pas cru. Chambre à part est heureuse et fière de vous présenter sa 6e saison.

    Notre association cherche à séduire un public de musiciens pratiquants comme de mélomanes passionnés. L'amour du beau et la découverte des répertoires et des instruments sont les ferments de la programmation.

    Avec des conditions de prix très abordables (6 concerts 48€) et la gratuité pour les jeunes et les plus démunis, nous voulons populariser et vulgariser la musique de chambre.

    Rejoignez-nous avec vos amis ou en famille à partir du dimanche 30 septembre pour écouter de la belle musique et partager vos émotions à la sortie.

    adresses des concerts :

    Auditorium du Conservatoire de Lille, place du concert

    Auditorium du Palais des Beaux-Arts, 8 rue de Valmy (entrée de préférence sauf personnes à mobilité réduite), billetterie directement à l'entrée de l'auditorium

    contact et réservations : lesamischambreapart@orange.fr ou +33 607 626 125

    détail des programmes ci-dessous

    Ambre Chapart

    Présentation de la saison :

    Chambre à part propose sa 6e saison de musique de chambre. Depuis 2007, ce sont 100 concerts publics qui ont été programmés, plus de 150 musiciens se sont produits. Les grands classiques sont à l’affiche, mais également des dizaines d’œuvres ou de compositeurs méconnus ou injustement oubliés du fait des aléas de l’histoire. Ainsi les compositrices en 2009-2010, les quatuors baltes ou d’Europe centrale en 2008-2009, ont réjoui les oreilles des mélomanes fidèles et curieux.


    En 2012-2013 Chambre à part continue sa politique de découverte des répertoires. Paul Mayes est particulièrement heureux de pouvoir ainsi présenter Pierre Menu, Marcel Tournier, Bernhard Heiden, Julius Röntgen et Heinrich Kaminski, sans oublier les chefs d’œuvres de Mozart, Haydn, Schubert, Brahms, Dvorak, Chostakovitch, Beethoven…


    Parmi les 16 concerts proposés, des moments particuliers sont à vous signaler :


    Deux « intégrales » rassemblent toute la musique de chambre d’Elgar et de Debussy (150ème anniversaire de sa naissance) en trois concerts sur deux jours. Diamétralement opposés sur le plan stylistique, ils ont produit de magnifiques pièces de musique de chambre en réponse à l’horreur de la grande Guerre. En juin la totalité des trios à cordes de Beethoven sont réunis en deux concerts.


    Poursuivant les célébrations, nous conclurons l’année Jean Françaix (né il y a 100 ans) avec son Divertissement pour trio à cordes et piano, et le premier quintette pour flûte, harpe et cordes, sans oublier les autres anniversaires : Jacques Ibert et John Ireland (50 ans de leur disparition) ainsi que Giuseppe Verdi et Benjamin Britten(nés il y a 200 et 100 ans).


    Jacques Veyrier et Ida Gotkovsky, compositeurs français actuels, représentent la musique d’aujourd’hui. Chambre à part opte pour l’innovation avec la peinture et la danse de Marielle Duroule. La transmission entre générations de musiciens est mise en valeur avec le violoniste Ken Sugita et son fils Antoine au piano.


    Deux concerts co-produits avec le Conservatoire et Chti Cambristi permettent aux meilleurs étudiants et amateurs de se frotter au monde professionnel dans des programmes séduisants et originaux.


    Seule saison présente en continu pendant l’année à Lille, Chambre à part réunit les amateurs passionnés par la musique de chambre. Venez avec vos amis pour déguster ces beaux concerts et vivre la musique avec les musiciens. Profitez de la souplesse de l’abonnement Liberté. Nous vous attendons à la sortie du concert le dimanche matin pour partager vos émotions musicales autour du traditionnel verre de l’amitié.

    Programme complet :

    Conservatoire 30 septembre 11h   “Menu français”
    Pierre Menu        Quatuor à cordes   
    Jacques Veyrier Trio pour 2 violons et alto   
    Reynaldo Hahn   Quintette avec piano   
    Agata Majka  piano
    Olivier Lentieul  violon
    Annabelle Bertomé-Reynolds  violon
    Paul Mayes  alto
    Jacek Smolarski  violoncelle

    Conservatoire 14 octobre  11h  “Françaix-Brahms”
    Jean Françaix        Divertissement pour trio à cordes et piano   
    Johannes Brahms  Quatuor pour piano et cordes no3, op.60   
    Paulina Sawicka-Pollet   piano
    Ken Sugita  violon
    Paul Mayes  alto
    Catherine Martin  violoncelle

    Beaux-Arts 28 octobre  11h    “Axe anglo-saxon”
    Heinrich Kaminski    Quintette pour clarinette, cor, violon, alto, violoncelle           
    Julius Röntgen    Quartettino III   
    John Ireland      Sextuor pour clarinette, cor et quatuor à cordes        
    Claire Tuytten  clarinette
    Sébastien Tuytten  cor
    Filipo Marano  violon
    Christina Boursier-Grylsyuk violon
    Paul Mayes  alto
    CatherineMartin  violoncelle

    Conservatoire : 3 concerts    “Entrain pour Elgar-Debussy”

    samedi 10 novembre à 18h
    Debussy  Syrinx pour flûte seule   
    Elgar       Quatuor à cordes op ;83   
    Debussy  Sonate pour flûte, alto et harpe    
    Debussy  Quatuor à cordes op.10   
    Quatuor Dimitri
    Céline Planes  violon
    Julie Oddou  violon
    Renaud Stahl  alto
    Frédéric Dupuis  violoncelle
    et Valérie Bargibant  harpe
    Christine Kokelaere  flûte
    Paul Mayes  alto

    dimanche 11 novembre

    à 11h00
    Elgar    Sonate pour violon et piano op.82   
    Alice Nenert  piano
    Ken Sugita  violon
    Debussy    Sonate pour violoncelle et piano    
    Debussy    Trio pour piano et cordes    
    Trio Metral
    Victor Metral  piano
    Joseph Metral   violon
    Justine Metral  violoncelle
    à 16h00
    Debussy    En blanc et en noir pour 2 pianos   
    Debussy    Lindaraja pour 2 pianos   
    Aurélien Penart  piano
    Alice Nenert  piano
    Debussy    Sonate pour violon et piano    
    Victor Metral  piano
    Joseph Metral  violon
    Elgar    Quintette pour piano et cordes op.84   
    Aurélien Penart   piano
    Ken Sugita  violon
    Pierre Delebarre  violon
    Anne Le Chevalier  alto
    Catherine Martin  violoncelle

    Conservatoire 2 décembre  11h  “Flûte, 63 cordes”
    Marcel Tournier Suite op.34 pour flûte, harpe et trio à cordes   
    Jacques Ibert    2 Interludes pour flûte, violon et harpe   
    Charles Gounod  Quatuor à cordes no1 en do majeur “le petit quatuor”
    Jean Françaix       Quintette no.1 pour flûte, harpe et trio à cordes   
    Trio Mozaic
    Céline Haquette harpe
    Agathe Bely  violon
    Amélie Douay   flûte
    et Emilie Tison  violon
    Paul Mayes  alto
    Dominique Magnier  violoncelle

    Conservatoire  20 janvier 11h   “Entendre double"
    Robert Schumann   Märchenerzählungen pour clarinette, alto et piano   
    William Schuman    Quatuor à cordes no2   
    Bernhard Heiden    Trio sérenade pour clarinette, violon et piano    
    Joseph Haydn    Quatuor à cordes op.42   
    Antoine Sugita  piano
    Christian Gossard clarinette
    Ken Sugita  violon
    Paul Mayes  violon
    Juliette Danel  alto
    Stéphanie Mouchet  violoncelle

    Conservatoire 10 février 11h   “Les rêves de Jacob”
    Mozart    Quatuor pour hautbois et cordes   
    Rossini    Sonate pour cordes no5 en mi bémol majeur   
    Britten    Quatuor-Fantaisie op.2 pour hautbois et cordes   
    Milhaud   Les rêves de Jacob   
    Christophe Moulin hautbois
    Ken Sugita  violon
    Paul Mayes  alto
    Jean-Michel Moulin  violoncelle
    Julia Petitjean  contrebasse
    Marielle Duroule  peinture et danse

    Conservatoire 10 février à 16h   Concert croisé Chti Cambristi/Chambre à part
    J.C. Bach      Quatuor op.8 pour flûte, violon, alto et violoncelle
    Louise Farrenc Trio pour clarinette, violoncelle et piano op.44
    Max Bruch         Quintette pour piano et cordes        
    Per August Oländer  Sextuor à cordes

    Conservatoire 24 mars   11h  Concert croisé Chambre à part/Conservatoire/Pôle supérieur   
    programme à venir

    Conservatoire 7 avril  11h   “Bons baisers de Russie”
    Igor Stravinski   Concertino pour quatuor à cordes   
    Ida Gotkovsky    Quatuor à cordes   
    Dimitri Chostakovitch  Quintette pour piano et cordes   
    Cécile Mangeot    piano
    Hugues Borsarello  violon
    Ken Sugita   violon
    Paul Mayes   alto
    Jean-Michel Moulin violoncelle

    Beaux-Arts  10 mars     16h            « Viva Italia ! »
    Paganini  Quatuor à cordes no1 en ré mineur   
    Respighi  Il Tramonto   
    Puccini    Pièces pour quatuor à cordes
    Rota        Il Presepio   
    Verdi       Quatuor à cordes en mi mineur   
    Nobuko Takahashi  soprano
    Lucyna Janeczek  violon
    Ines Greliak  violon
    Paul Mayes  alto
    Jacek Smolarski violoncelle

    Beaux-Arts 28 avril  16h  “Compositeurs mineurs”
    Haydn     Quatuor à cordes en ut mineur, op.17 no4   
    Mozart    Quatuor à cordes en ré mineur no13, K.173   
    Schubert Quatuor à cordes en sol mineur no9, D.173   
    Dvorak    Quatuor à cordes en la mineur, op.34   
    Alexandre Diaconu  violon
    Olivier Lentieul  violon
    Paul Mayes  alto
    Emilie Stahl  violoncelle

    Beaux-Arts
    2 juin 15h    “Ludwig Van 1”
    Beethoven   Trio à cordes op.3       
    Beethoven   Sérénade pour trio à cordes op.8   
    2 juin 17h    “Ludwig Van 2”
    Beethoven   Trio à cordes op.9 no 1       
    Beethoven   Trio à cordes op.9 no 2   
    Beethoven   Trio à cordes op.9 no 3   
    Trio HNG
    Hugues Borsarello   violon
    Nicolas Bône   alto
    Gauthier Herrmann  violoncelle

     

  • Dernier concert de la saison 2011-2012

    Ce dimanche, un condensé caractéristique de la programmation de musique de chambre de Chambre à part depuis 5 années. Un grand concert de quatuors à cordes, accompagnés d'instruments moins fréquents, comme la harpe ou la flûte. Joseph Haydn, Franz Schubert et Jean Françaix pour des voyages divers. Lisez ci-dessous le programme détaillé préparé par Paul Mayes.

    Oui cinq ans et plus de 80 concerts le dimanche à Lille. Une aventure à laquelle vous participez fidèle public et public fervent. Merci et la meilleure façon de vous le dire est encore de continuer...

    La prochaine et 6e saison débutera le 30 septembre, puis le 14 octobre, 10-11 novembre (un week-end à réserver)... tous les détails sur le site de Chambre à part en juillet.

    Dimanche 3 juin à 16h à l'Auditorium du Palais des Beaux-Arts de Lille,

    Franz Schubert  Quatuor à cordes en ré majeur, D.94
    Schubert arr. Françaix  4 Moments musicaux et Impromptus arrangés pour flûte, harpe et trio à cordes
    Jean Françaix  Quatuor à cordes
    Joseph Haydn  Quatuor à cordes op.76 no4, “Lever de soleil”

    Céline Haquette  harpe          Amélie Douay  flûte
    Alexandre Diaconu  violon     Paul Mayes  violon
    Dominique Huybrechts alto    Emilie Stahl  violoncelle

    tarif 12€ le concert, tarif réduit 6€ pour les demandeurs d'emploi et 12-25 ans

    réservations : lesamischambreapart@orange.fr ou +33 607 626 125

    billetterie au sous-sol directement à l'entrée de l'auditorium

    venez dimanche pour finir la saison en beautés

    Ambre Chapart

     

    Franz Schubert.jpgUne enfance de choriste, d’altiste, de violoniste et de pianiste façonnent l’esprit de Franz Schubert dans une société viennoise dont la bourgeoisie ne peut vivre sans ses Haus musike familiales. Le sens du cantabile, de la voix, dominent les quinze quatuors, et l’infinie variété des climats et des couleurs font surgir, pages après pages, la vision d’un homme fragile dont le pressentiment d’une fin proche attise la valeur testamentaire de cette intégrale. On ignore tout des circonstances entourant la composition du Quatuor n° 7 en ré majeur (D. 94); il fut achevé en 1814, mais peut-être esquissé dès les années 1811-12. Seule une infime partie des œuvres de Schubert fut publiée de son vivant (un seul des quatuors à cordes). L’histoire des manuscrits posthumes est extrêmement difficile à débrouiller: nombre d’entre eux restèrent des dizaines d’années livrés à la poussière sur les rayons des héritiers et des éditeurs, d’autres passèrent par des voies obscures de collectionneur en collectionneur pour devenir la propriété d’institutions publiques. Le Quatuor en ré majeur offre un bon exemple de ces cheminements: de la possession de Ferdinand Schubert, frère de Franz et légataire principal des œuvres posthumes, il passa en 1857 entre les mains de Franz Xaver Petter à Vienne, vers 1866 entre celles d’un certain professeur Wagener de Marbourg puis devint la propriété d'Alfred Wotquenne, à Bruxelles, avant d’arriver enfin, après avoir fait étape chez le libraire musical berlinois Leo Liepmannssohn, à la Bibliothèque Municipale de Vienne (1905).
    L’estimation de la valeur musicale des premiers quatuors à cordes de Schubert est des plus variées chez les divers spécialistes schubertiens ; là encore ce quatuor constitue un excellent exemple. On a dénoncé, en effet, la structure peu cohérente de son premier mouvement, Allegro, et déploré le caractère quasi improvisé de son développement. Par contre, d’après Walter et Paula Rehberg : “La forme s’est assouplie et l’harmonie infiniment diversifiée au profit d’une langue musicale plus libre, plus riche de fantaisie. Le développement offre, au sein de quelques mesures seulement, d’audacieuses digressions parcourant les diverses tonalités. Le thème de cinq mesures (!) du second mouvement (Andante con moto), une merveilleuse inspiration, est du plus pur Schubert.” Le Menuetto suivant (Allegro en ré majeur) n’est pas sans présenter une affinité avec le trio du Scherzo de la Deuxième Symphonie de Beethoven, alors que le trio (en si bémol majeur) est une sorte de Landier plus léger et souriant, avec son thème chromatique introduit par l’alto. Le Presto final réaffirme le ton de ré majeur : c’est un rondo à 2/4, d’une vitalité haydnienne, concluant agréablement cette partition.

    L’unique quatuor à cordes de Jean Françaix, écrite en 1934, est une musique virtuose qui s’inscrit dans la tradition toute classique des divertimenti et sérénades dont la clarté du texte musical laisse à Jean Françaix 4.jpgl’auditeur le plaisir d’entendre chaque voix, ainsi que leur jeu d’ensemble autour des thèmes souvent brèves et efficaces. Son but est, tout à tour, de réjouir et d’émouvoir, sans que les subtilités d’écriture ne puissent se faire oublier.
    Dédié à ses parents, et indirectement à sa future épouse, ce quatuor résume les espoirs qu’y mettait le compositeur: “J’avais vingt-deux ans, j’étais extrêmement gai ... mais je commençais à être amoureux. C’est pourquoi ce quatuor oscille entre l’humour et la tendresse. Je forme le vœu qu’il n’ait point vieilli, car plus je vieillis, plus je chéris l’humour et l’amour”. Et encore: “Le Quatuor à cordes est peut-être la formule la plus noble de la musique. D’abord parce que la famille des instruments à cordes est la base de notre art. Par ces temps de saxophones, [que le compositeur a pourtant plus d’une fois servi dans son œuvre] de guitares électriques et de synthétiseur, il n’est pas inutile de le rappeler. Mais pour le compositeur, il est très difficile à manier. Aucune tricherie ne lui est possible ... Face au quatuor à cordes, le compositeur doit payer cash, trouver de beaux thèmes et savoir les développer.”
    Ce quatuor, qui figure donc parmi ses premières compositions, a valu à Jean Françaix le prix de la musique de chambre de Marseille et a été créé par le quatuor Calvet.


    Joseph Haydn.jpgLe quatuor à cordes en si bémol majeur op.76 no4 de Joseph Haydn, dit “Lever de soleil”, tire son surnom (originaire d’Angleterre) de ses premières mesures, l’un des plus extraordinaires débuts de tout le répertoire de chambre. L’opus 76 de 1797 forme, avec l’opus 20 de 1772 (un quart de siècle exactement les sépare), les deux plus prestigieuses séries de quatuors de Haydn. Le climat général des six Quatuors op.76 fut admirablement cerné par Rosemary Hughes comme autant de “chants d’expérience”, observation qu’on peut rapprocher de ce passage du journal de Delacroix (21 février 1847): “Quatuor d’Haydn, des derniers qu’il ait faits. Chopin me dit que l’expérience y a donné cette perfection que nous y admirons”. Ces ouvrages concentrent en eux l’enseignement de toute une vie, mais découvrent toujours de nouveaux horizons. On n’a jamais connu leurs autographes, et leur plus ancienne mention se trouve dans une lettre du diplomate suédois Silverstolpe, en poste à Vienne de 1796 à 1803, datée du 14 juin 1797. Peut-être Haydn commença-t-il à travailler à cet opus dès 1796, ais l’année 1797 est plus probable, pour la composition de l’ensemble, puisque le n°3 en ut (l’Empereur) ne put être entrepris avant la fin janvier 1797, date de l’achèvement de l’hymne impérial Gott erhalte. Les Quatuors op. 76, la dernière série de six menée à bien par Haydn, ont été composés en même temps que la Création et se situent donc deux ans après la dernière symphonie (no 104 dite Londres, de 1795). Le dédicataire fut le comte Joseph Erdödy. Ils parurent en 1799 chez Artaria, les trois premiers comme op.75 en juillet et les trois derniers comme op.76 en décembre, dans l’ordre passé à la postérité. La correspondance entre Haydn et Artaria indique qu’il s’agit d’un ordre authentique. Toujours en 1799, Haydn envoya ces quatuors à Londres, où ils parurent chez Longman, Clementi & Co en deux livraisons (“Opus 76” et “Opus 76 Livre 2”), annoncées dans le Times les 19 avril 1799 et 7 janvier 1800 respectivement.

  • le 6 mai votez Mozart et Françaix

    Chers amis mélomanes,

    Un grand concert le dimanche 6 mai à 16h à l'Auditorium du Palais des Beaux-Arts de Lille

    Mozart dans  le superbe Divertimento pour trio à cordes K563, et la poursuite de la célébration du centenaire de Jean Françaix avec son trio à cordeset un quatuor avec cor anglais (de la famille du hautbois)

    Jean Françaix 

    Trio à cordes   
    Quatuor pour cor anglais et trio à cordes

    Wolfgang Amadeus Mozart

    Divertimento pour trio à cordes, en mi bémol majeur K.563

    Philippe Gérard  cor anglais
    Marie Lesage  violon
    Cristina Blanco-Amavisca  alto
    Jean-Michel Moulin  violoncelle

    tarif 12€ le concert, tarif réduit 6€ pour les demandeurs d'emploi et 12-25 ans

    réservations : lesamischambreapart@orange.fr ou +33 607 626 125

    billetterie au sous-sol directement à l'entrée de l'auditorium

    nous vous attendons nombreux pour cet interlude musical du 6 mai

    Ambre Chapart

     

    Françaix.jpg  Jean Françaix est né en 1912 au Mans. Il bénéficie de l’enseignement parental pour ses premiers pas musicaux, guidé par un père professeur de piano, directeur du Conservatoire du Mans et une mère chef de chœur. Ses parents participent activement à la vie musicale sarthoise : ils animent notamment la direction de la Société des concerts et du cercle choral féminin, ce qui n’est pas sans intérêt pour un compositeur en herbe. Aux premières loges musicales, il assiste, puis participe aux répétitions pour finalement tester aussi son répertoire naissant.
    Les premiers succès ne tardèrent pas. Quelques années après avoir intégré le Conservatoire de Paris dans la classe d’Isidore Philipp, il ressort nanti d’un premier prix de piano (1930). Pris en main par Nadia Boulanger dès 1923, il se voit propulser une dizaine d’années plus tard sur les scènes internationales, notamment à Vienne en 1932 avec ses Huit bagatelles pour quatuor à cordes et piano, interprétées par le quatuor Kolisch et lui-même.
    Appartenant à la génération du groupe “Jeune France”, sa musique est néoclassique, légère et élégante, brillante et pleine de charme. Elle s’inscrit dans la même tradition que celle de Sauguet, d’Ibert et des premières œuvres du “groupe des Six”, avec une vivacité et une ironie qui en font un reflet typique de “l’esprit français” hors de nos frontières. Longtemps négligée par les instrumentistes français, cette musique “pour faire plaisir” a connu un regain de faveur généralisé grâce aµx musiciens anglo-saxons et allemands qui l’ont toujours appréciée à sa juste valeur, celle d’un divertissement élégant et raffiné. Il faut ajouter que Jean Françaix a toujours travaillé en étroite collaboration avec les musiciens qui lui commandaient des œuvres ; l’écriture qui en résulte est admirablement adaptée aux possibilités des instrumentistes, souvent difficile et toujours gratifiante.
    Œuvre juvénile, le Trio à cordes de 1933 est dédié au célèbre Trio Pasquier, qui l’interpréta longtemps devant des publics ravis. D’une inspiration enjouée, primesautière, il est en quatre mouvements dont les deux extrêmes (Allegretto vivo et Rondo), rythmiques et dansants, s’opposent aux mouvements centraux,  un Scherzo plus subtil en ses jeux harmoniques et ses effets de pizzicato virtuoses, et, plus particulièrement, un Andante d’une atmosphère tendre et transparente, avec les trois instruments con sordino.
    Le Quatuor pour cor anglais et cordes, écrit presque quarante ans plus tard en 1971 et dédié à la hautboïste anglaise Janet Craxton, s’inscrit dans la dernière période créatrice du compositeur. Si la sonorité remarquable du cor anglais est mis à l’honneur, chaque instrument est néanmoins parfaitement intégré dans ce quatuor.
    C’est un véritable petit ragtime auquel les cordes nous convient dès les trois premières mesures d’introduction. Un ample thème, dont la mélodie aux accents rythmiques déplacés se passe d’un instrument à l’autre, se déploie pendant tout ce premier mouvement.
    Le contraste sera avec l’Andante tranquillo qui suit est du plus grand. Le compositeur joue sur les possibilités d’expression mélancolique du cor anglais, avec les cordes jouant en harmoniques et en notes tenues, ponctuées par des accords arpégées.
    Le Vivo assai, avec des passages mélodiquement et harmoniquement très colorés, offre les “sorties de route” habituelles d’un compositeur tellement rompu à la tonalité qu’il se libère très rapidement de celle annoncée (sol majeur). Le thème très caractéristique en mineur de l’Andantino, harmoniquement soutenu, se pose en transition entre les deux mouvements rapides tandis que le rythme balançant de l’Allegro giocoso final donne un jeu étoffé, une trame tissée serrée qui apporte une épaisseur auditive à ce quatuor.


    Le Divertimento pour trio à cordes en mi bémol majeur K.563 de Wolfgang Amadeus Mozart fut composé à Vienne et porte la date du 27 septembre 1788. Elle est dédiée au négociant Mozart.jpgviennois Michael Puchberg en remerciement des prêts qu’il voulait bien consentir à Mozart, même s’ils étaient loin de correspondre aux demandes et aux besoins du compositeur dont les conditions d’existence devenaient au fil des ans de plus en plus dramatiques. Mozart connut entre juin et octobre 1788 une période de composition très féconde et ce divertimento fut écrit peu après les trois dernières symphonies, et au milieu de la composition de trois trios avec piano, qui ont été égaiement dédiés à Puchberg. Le choix du divertimento comme genre musical pour ce trio à cordes s’explique par le fait que l’œuvre est avant tout destinée au simple agrément de celui qui est encore le bienfaiteur de Mozart. Mais ce dernier a sans doute voulu aussi compenser l’aspect galant et mondain de ce genre proche des sérénades et des cassations par le choix d’une formation de chambre, garantie d’un certain sérieux.
    Mozart semble avoir commencé par écrire un trio en sol majeur qu’il délaissa rapidement pour entreprendre ce divertimento, en mi bémol majeur cette fois. Dans la mesure où Puchberg était le frère de loge de Mozart, on a coutume d’expliquer ce nouveau choix par le symbolisme maçonnique dont est investi le chiffre trois, correspondant au nombre d’altérations que comporte la tonalité de mi bémol majeur. Si l’on souhaitait poursuivre cette interprétation, on pourrait supposer que le nombre d’instruments choisi participerait aussi bien de la même signification, et remarquer en outre que c’est essentiellement de trios dont Puchberg est le dédicataire.
    Ce divertimento, en six mouvements (di sei pezzi), est une des œuvres les plus longues de la musique de chambre de Mozart, mais elle s’élève au rang des chefs-d’œuvre plus par la qualité de son écriture interne que par ses dimensions externes. Mozart parvient en effet à égaler ici les possibilités d’un quatuor tout en restant dans les limites imposées par le trio, et surtout sans abuser des procédés d’écriture lui permettant d’étoffer l’harmonie. Parmi ces procédés, il y a l’usage de doubles cordes permettant d’obtenir plus de trois sons, mais Mozart en use avec parcimonie, et les diverses figures d’arpèges permettant d’égrener successivement toutes les notes de l’harmonie, procédé qu’il préfère, mais dont il n’abuse pas non plus. Car, plus que d’avoir hissé ce genre à la dimension d’un quatuor, voire d’un quintette, c’est la réussite dans la mise des trois solistes sur un même pied d’égalité qui fait la richesse et l’intérêt de cette œuvre. Mozart s’est arrangé pour confier alternativement, ou même simultanément, un intérêt mélodique, voire tout a fait thématique, à chacun des instruments ; le raffinement suprême consiste à aboutir, en quelques endroits bien choisis, à un contrepoint très élaboré, mais toujours gracieux, leur permettant de dialoguer en utilisant les mêmes éléments.