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CHAMBRE A PART ... - Page 3

  • Beethoven la musique pour l'homme

    Chers amis mélomanes,

    L'intégrale des trios à cordes du jeune Beethoven en deux concerts le dimanche 2 juin à l'Auditorium du Palais des Beaux Arts de Lille à 15h et 17h par le trio HNG.

    Un après-midi extraordinaire pour clore la 6e saison 2012-2013 et célébrer notre 100e concert public.

    On vous y attend nombreux. Et puis s'il fallait encore vous le dire c'est presque donné : 12€ pour deux superbes concerts professionnels, un luxe de qualité pour pas cher. (10€ le concert unitaire)

    Venez écouter Ludwig van I et II - réservations : lesamischambreapart@orange.fr ou +33 607 626 125

    Billetterie à l'entrée de l'auditorium (2e sous-sol) et accès par le 18bis rue de Valmy (sauf handicapés). Durée de chaque concert 1h15.

    Revenez en juillet sur le site de Chambre à part pour découvrir la programmation de la 7e saison.2013-2014

    Ambre Chapart


    à 15h Ludwig van I
    Trio à cordes en mi bémol majeur, op.3
    Sérénade pour trio à cordes en ré majeur, op.8

    à 17h Ludwig van II
    Trio à cordes en sol majeur, op.9 no1
    Trio à cordes en ré majeur, op.9 no2
    Trio à cordes en do mineur, op.9 no3

    Trio HNG
    Hugues Borsarello  violon
    Nicolas Bône           alto
    Gautier Herrmann  violoncelle

     

    Les cinq trios à cordes de Beethoven sont des œuvres de jeunesse datant des années 1792 à 1798. Ils ont tous la même formation, à savoir un violon, un alto et un violoncelle. Ludwig van.jpgUn  exemplaire manuscrit du Trio op. 3, composé en 1792, passa par un concours de circonstances par l’intermédiaire de l’abbé Doppeler en 1794 en Angleterre où il éveilla l’intérêt d’un homme de lettres et amateur de musique, un certain William Gardiner, qui relata quelques années plus tard sa première rencontre avec la musique du jeune Beethoven: “Mon étonnement fut grand en jouant la partie d’alto de ce trio si différent de tout ce que j’avais entendu jusqu’alors. Il éveillait quelque chose de nouveau en moi, un plaisir intellectuel que jamais je n’avais reçu du monde des sons”. Pourtant, sur le plan formel, le jeune musicien cherche ici encore sa voie. Tout porte à croire que c’est le Divertimento K 563 de Mozart qui lui servit alors de modèle. On y retrouve la même tonalité et la même coupe formelle en six mouvements, inspirée de la “suite instrumentale”. Ce sont surtout les trois premiers mouvements qui annoncent ici et là le style du futur Beethoven et sa manière si particulière d’organiser le discours musical à partir de brèves cellules rythmiques. Le premier mouvement oppose ainsi thèmes chantants et formules énergiques tandis que l’Andante, fondé sur un motif staccato de quatre notes, semble vouloir mélanger comme à plaisir l’ambiance d’un mouvement lent avec celle d’un scherzo. Après un bref Menuetto plutôt conventionnel suit un Adagio qui adopte l’allure d’une romance, alors que le second Menuetto rappelle davantage les danses galantes baroques. Avec le Rondo-Allegro final, aux accents énergiques, on retrouve le style caractéristique de la “sonate en trio”, dont le genre est issu, mais on rencontre parfois aussi l’amorce du sceau inimitable du futur Beethoven.

    Composée en 1795, la Sérénade op.8 de Beethoven renoue avec la tradition des cassations et des divertissements du XVIIIe siècle, où Mozart était passé maître. Elle est conçue aussi bien dans l’esprit que dans la forme d’une suite, comme le montre la succession des mouvements. Cette conception quasiment cyclique est assez originale pour l’époque, tout comme l’emploi d’une polonaise comme quatrième mouvement. Il est vrai que cette danse était très populaire en Allemagne depuis Telemann. A la Marche, suivie d’un Adagio très ornementé, succède un Menuetto avec Trio traditionnel, dont les pizzicatos s’inscrivent parfaitement dans le genre des petites musiques nocturnes. Le violon mène le jeu dans le mouvement suivant, Allegretto alla polacca. Ce recours à la polonaise, danse que le musicien ne goûtait guère, serait-il une concession à l’esprit de légèreté du genre? Notons qu’à l’époque le jeune Beethoven fréquentait assidûment les salons aristocratiques. On retrouve cependant les hardiesses habituelles de l’auteur dans certains silences brusques, procédé de style qui caractérisera ses œuvres futures. Le cinquième mouvement développe d’abord un thème d’allure gluckienne à travers quatre variations, puis combine mouvement lent et scherzo, par une accélération du tempo, avant que le violoncelle ne reprenne l’allure nonchalante initiale. Il n’y a pas de véritable Finale rapide. Celui-ci est remplacé par un Andante, suivi du rappel de la marche initiale, faisant office d’une péroraison pleine de vitalité.

    Les trois Trios op. 9 furent composés pendant les années 1796 à 1798. Dédiés au comte Johann-Georg von Browne-Camus, ils inaugurent une nouvelle étape dans son style, proche de celui de la Symphonie n°1, avec une découpe en quatre mouvements et l’emploi de la forme-sonate. Le Trio op. 9 no1 s’ouvre par un bref Adagio, précédant l’exposition des deux thèmes principaux de l’Allegro initial, le premier affirmant vigoureusement la tonalité principale, tandis que le second (en mineur) semble se souvenir des petites marches des trios précédants. L’Adagio fait alterner une longue phrase mélodique et un jeu serré d’ornementations et d’imitations, une écriture du contraste qu’on retrouvera dans le Scherzo et son trio en mineur, avant que le violon ne s’élance dans le Presto final dans une course haletante d’une grande virtuosité qui termine l’œuvre avec éclat.

    Egalement conçu en quatre parties, le Trio op. 9 n°2 a été composé à la même époque que le trio précédant. Son discours général est plutôt détendu, presque idyllique, notamment dans le mouvement initial. L’Andante quasi allegretto évoque, malgré son tempo quasiment identique, une sorte de rêverie mélancolique dans laquelle les trois voix s’entremêlent en un pianissimo mystérieux vers la fin. Après le Menuetto et son étonnant trio, dominé par le violoncelle, le Rondo conclusif affirme, malgré une activité parfois débordante des trois instruments et quelques sforzatos passionnés, l’ambiance intimiste du début.

    Le Trio op. 9 n°3 est le dernier hommage que Beethoven rend au genre du trio à cordes. C’est aussi le meilleur des cinq trios à cordes, assez proche de la sonate Pathétique pour piano, écrite l’année suivante. Un des traits les plus frappants de l’œuvre est le début du premier mouvement, avec ses quatre notes (do, si, la bémol, sol), descendant à l’unisson, car on retrouvera fréquemment cette formule également dans ses derniers quatuors, composés au crépuscule de sa vie. Parmi les trois Trios op. 9, le dernier est sans doute le plus expressif, comme le montre l’intitulé du second mouvement, Adagio con espressione, sorte de marche solennelle richement ornementée aux modulations fréquentes. Le Scherzo repose sur le bondissement presque agressif des notes initiales et des accents dynamiques à contre-temps, tandis que le Trio central propose un moment de repos indispensable. Le Finale, de forme binaire, retrouve, après quelques murmures et hésitations, l’énergie initiale, fonçant avec brio à travers tons et fragments, pour s’amplifier progressivement et atteindre avec éclat le ton d’ut majeur, alors intensément dramatique par son contraste avec ce qui précède. Mais, pendant la coda, tous les conflits s’apaisent et l’œuvre s’éteint doucement dans la nuance pianissimo. Ce dernier trio, qui fut jugé “monstrueux” par quelques contemporains (un certain Kozeluch piétina même la partition en présence de Haydn), résout pourtant admirablement les conflits accumulés auparavant, tout en anticipant l’écriture des futurs quatuors. C’est peut-être ici que le passé et l’avenir se côtoient le plus dans l’œuvre instrumentale de Beethoven.


  • Un concert tout quatuor à cordes en mineur

    Chers amis mélomanes,

    Dimanche 28 avril à 11h à l'auditorium du Palais des Beaux-arts de Lille, venez profiter d'un concert entièrement dédié à de la musique en mode mineur.

    Au programme les plus grands compositeurs : Haydn, Schubert, Mozart, Dvorak...

    Attention l'horaire est bien à 11 heures, contrairement aux indications de la plaquette diffusée en septembre dernier.

    Tarifs 12/6 €. On peut encore profiter de l'abonnement Liberté si on vient à plusieurs (6 places 48€).

    réservations : lesamischambreapart@orange.fr ou +33 607 626 125

    Billetterie à l'entrée de l'auditorium (2e sous-sol) et accès par le 18bis rue de Valmy (sauf handicapés). Durée du concert 1h15.

    Joseph Haydn  Quatuor à cordes en ut mineur, op.17 no4
    Franz Schubert  Quatuor à cordes no9 en sol mineur, D.173
    Wolfgang Amadeus Mozart Quatuor à cordes no13 en ré mineur, K.173
    Anton Dvorak Quatuor à cordes en ré mineur, op.34

    Alexandre Diaconu, violon
    Olivier Lentieul, violon
    Paul Mayes, alto
    Claire Martin, violoncelle

    Haydn.jpg  En abordant la musique religieuse, l’opéra, la sonate pour clavier et même la symphonie, Joseph Haydn trouva des modèles à sa disposition. Tel ne fut pas le cas en ce qui concerne le quatuor à cordes. Avec Boccherini, il fut le créateur du genre, à peu près au même moment (vers 1760), mais indépendamment l’un de l’autre. Datés de 1771, les six autographes de l’op.17 sont non seulement les premiers des quatuors de Haydn à nous être parvenus, mais les seuls reliés en volume. Par rapport aux six quatuors op.9 de l’année précédente, l’op.17 donne une impression d’ampleur, de profondeur et de subtilité formelle accrues.
    Le Quatuor en ut mineur op.17 no4 est le seul de Haydn dans cette tonalité, qu’il utilisa une fois également dans les sonates et trois fois dans ses symphonies. La partition, sauf en son finale, est cependant plus élégiaque que tragique,  d’autant que son premier mouvement est encore une fois un Moderato. Le motif initial descendant (mi bémol - sol - ut) énoncé par le premier violon à découvert domine tout autant ce mouvement que les fameuses quintes le quatuor du même nom (op. 76 no 2, de 1797). Les six dernières mesures, pour la première fois dans le mouvement, introduisent ut majeur : on a ici la première grande “éclaircie psychologique” en majeur dans un mouvement en mineur du “classicisme viennois”. Ces ultimes mesures font le lien avec le Menuetto qui suit, en ut majeur, à l’allure d’un robuste scherzo, au thème mémorable, avec un trio en ut mineur déchiré par ses harmonies de sixte, ses syncopes et ses chromatismes. Dans l’Adagio cantabile en mi bémol, Haydn rend un hommage au principe de la “reprise variée” cher à Carl Philipp Emanuel Bach. L’extraordinaire finale combine esprit contrapuntique et forme sonate. Les deux dernières mesures, à l’unisson des quatre instruments, constituant sans doute la première apparition dans les quatuors de Haydn du style symphonique de l’époque.

    Le Quatuor no 9 en sol minéur (D. 173) fut entrepris par Franz Schubert le 25 mars 1815 (à peine sa Deuxième Sympnonie achevée, le 24 mars) et terminé dès le 1er avril suivant, soit en une semaine. Il est probable que la création privée en eut lieu au sein du groupe familial, pour la fête de Pâques. Il est Franz Schubert.jpgnotable que c’est l’unique fois, pour un quatuor à cordes, où Schubert a utilisé la tonalité de sol mineur, si évocatrice de Mozart. L’œuvre comporte quatre mouvements. L’Allegro con brio d’ouverture présente une thématique contrastée et vigoureusement formulée (non sans référence au finale du Quatuor op.18 n°2 de Beethoven). Le développement est bref (une trentaine de mesures seulement), par “séquences” sur le second thème, conduit par le premier violon. La réexposition a lieu dans le ton relatif majeur. L’Andantino suivant, en un si bémol majeur plus intensif, procède en une architecture par plans et couleurs plus individualisées. Le thème, qu’alternent violoncelle et premier violon, est rythmiquement appuyé (dactyle), tandis que l’accompagnement s’affirme de façon immuable avec un rythme rapide de triolets en doubles croches. Le vigoureux Menuet, un Allegro vivace, est en sol mineur. Sa référence évidente est mozartienne (Symphonie en sol mineur, K.550) ; le trio, en si bémol majeur, fait contraste : la ligne mélodique se déploie en sinuosités parfois étranges, sur un accompagnement léger. Enfin, l’Allegro du rondo final (sol mineur à nouveau) retrouve la robustesse rythmique du premier mouvement, avec son joyeux thème paysan agissant comme motif récurrent. Ainsi observe-t-on que le rythme constitue l’élément unificateur de l’œuvre, même si se constatent, par ailleurs, un affinement de l’écriture et des rapports plus souples entre les différentes voix instrumentales.

    Wolfgang Amadeus Mozart.jpg  Comme chez Haydn, Beethoven ou Schubert, les quatuors à cordes de Wolfgang Amadeus Mozart constituent la part maîtresse de sa musique de chambre. Ils s’étendent sur vingt ans de sa vie créatrice, mais s’ordonnent comme chez Haydn en groupes nettement individualisés et séparés par de longues interruptions. Le premier essai de Mozart, d’ailleurs isolé, est né d’une impulsion personnelle, comme détente, durant le premier voyage en Italie (1770). Au début de 1773, Mozart composa six quatuors dits “italiens” ou “milanais”, d’après leur lieu de composition. Ce sont là des œuvres typiquement “galantes”, dans le style de l’opéra italien, mais qui contiennent nombre d’inventions savoureuses et dont l’oubli nous prive de joies véritables.
    Écrits à Vienne entre la mi-juillet et la fin septembre 1773 sous le choc de la découverte par le jeune compositeur de dix-sept ans des Quatuors de Joseph Haydn (l’op.17, mais surtout le tout nouvel op.20, les quatuors “du Soleil”), les six Quatuors “viennois” (K 168-173) diffèrent très fortement des “milanais” à peine antérieurs de quelques mois, et sont sans doute intrinsèquement moins réussis, mais précisément dans la mesure où ils sont beaucoup plus ambitieux. Si la synthèse vraiment parfaite entre style savant et style galant ne s’accomplira que dans les quatuors de la haute maturité (significativement, Mozart cessera d’en écrire pendant non moins de neuf ans), il ne faut pas pour autant dédaigner les nombreuses richesses de pages imparfaites, inabouties, mais souvent fascinantes.
     Le Quatuor en ré mineur K. 173 adopte une tonalité toujours chargée de signification chez Mozart, et, en effet, son Allegro initial présente pour la première fois deux thèmes vraiment antithétiques. C’est l’une des formes sonate le plus hardiment expérimentales du jeune Mozart, d’une instabilité harmonique exceptionnelle. L’Andantino grazioso en ré majeur, à l’allure de gavotte, apporte une éclaircie; mais la gravité règne à nouveau dans le merveilleux Menuet, l’un des joyaux de l’adolescence mozartienne, et dans la Fugue finale.

    Le quatuor à cordes fut l’une des formes favorites d’Antonin Dvorak. Sa production très vaste en ce domaine (14 œuvres) se répartit entre 1862 et 1895 et fournit un excellent reflet de son cheminement esthétique. Le Quatuor no9, op.34 fut écrit en quelques jours, du 7 au 11 décembre 1877, alors que le compositeur était encore secoué par la disparition de la seconde de ses filles, Rüzena, et par celle de son premier garcon, Otakar. Encore proche de l’esprit du Stabat Mater terminé le 13 novembre, le choix de la sombre tonalité de ré mineur ne surprend donc pas et trouve en son Adagio un  Dvorak.jpgprolongement, épuré, de cette tristesse. Dédié à Johannes Brahms, l’un des plus ardents défenseurs du musicien tchèque, le Quatuor op.34 débute par un Allegro sur lequel plane l’ombre de Schubert, en particulier au début du mouvement, d’une texture délicate et empreint de tristesse. Par la suite, l’épisode gagne en intensité tandis que s’affirme une couleur très slave. On la retrouve dans l’Allegretto scherzando, alla polka où, malgré le rythme dansant et la fermeté du trait, un voile de mélancolie demeure du fait de la tonalité de sol mineur. Bâti à partir d’un matériau thématique issu du premier mouvement, l’Adagio frappe par la beauté et la tenue de sa ligne mélodique autant que par la densité expressive que Dvorak maintient de la première à la dernière note. Synonyme d’élan et de vivacité rythmique, le finale Poco allegro conclut l’œuvre sur un ton plus insouciant.
    Malgré la recommandation expresse de Brahms à l’éditeur Simrock, le Quatuor en ré mineur ne fut publié qu’en 1880, à Berlin, et chez Schlesinger. Il ne fut donné en première publique qu’après son édition par Ferdinand Lachner, Petr Mares, Vaclav Borecky et Aloïs Neruda, le 27 février 1882 à Prague.



  • Bons baisers de Russie

    Chers amis mélomanes,

    Venez donc dimanche 7 avril à 11h à l'auditorium du Conservatoire de Lille, place du concert pour  entendre un quatuor de Ida Gotkovski et la rencontrer. Détail du programme ci-dessous.

    Oui la compositrice viendra à Lille pour vous rencontrer, vous pourrez l'approcher, lui parler... puisque Chambre à part propose à tout le public, comme chaque fois au Conservatoire, le verre de l'amitié avec les artistes.

    Oui Chambre à part est une saison musicale exceptionnelle à Lille, il n'y a que les absents qui ne le savent pas.

    Amenez vos amis et vos enfants, on vous attend pour partager la musique ensemble

    Tarif 10€ le concert, tarif réduit 6 € pour les demandeurs d'emploi et 12-25 ans, et profitez encore de l'abonnement Liberté : 6 places de concerts au libre choix pour 48 €

    réservations : lesamischambreapart@orange.fr ou +33 607 626 125

    Attention ! le concert du 28 avril aux Beaux-arts aura lieu à 11h et non pas 16h, comme annoncé initialement sur la plaquette.

    Ambre Chapart

    Programme :

    Ida Gotkovsky    Quatuor à cordes
    Igor Stravinski   Concertino pour quatuor à cordes
    Dimitri Chostakovitch   Quintette pour piano et cordes en sol mineur, op.57


    Cécile Mangeot  piano
    Hugues Borsarello  violon
    Ken Sugita  violon
    Paul Mayes  alto
    Jean-Michel Moulin  violoncelle

     

    Ida Gotkovski.jpg De nationalité française, Ida Gotkovsky a vécu dans une famille de musiciens. Ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris lui ont valu tous les prix d’Ecriture et de Composition. Ida Gotkovsky est connue pour un nombre considérable de travaux parmi lesquels, musique de chambre, musique symphonique, musique instrumentale, musique vocale et œuvres lyriques sont largement représentées.
    Dès le début de sa carrière, le caractère et la forme de ses œuvres lui valurent de nombreux prix, parmi lesquels : La Médaille de la Ville de Paris, le Grand Prix Musical de la Ville de Paris, le Prix de la SACEM et un Golden Rose aux U.S.A. Très vite, sa notoriété dépasse les frontières et Ida Gotkovsky est sollicitée pour participer, et ensuite présider, des jurys internationaux ; parallèlement ses œuvres sont interprétées en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en U.R.S.S., etc... où elles sont reçues comme les ambassadrices de la Culture Française. Toutes ses œuvres sont des commandes d’Etat et de pays étrangers.
    L’œuvre entière d’Ida Gotkovsky est marquée par la force créatrice et la rigueur qu’elle consacre à l’évolution du patrimoine musical. Son œuvre est aussi bien représentée dans le domaine de la musique pour harmonie, que dans le domaine symphonique et lyrique. La notion d'infini qu’Ida Gotkovsky recherche dans toute œuvre d’art est exprimée dans sa profession de foi musicale : “Créer une œuvre universelle et assurer par un langage contemporain, aux structures vigoureuses, l’unité de l’expression musicale à travers tous les temps.”
    Le Quatuor à cordes fut écrit en 1955 et créé par le Quatuor Lowenguth, dont le père de la compositrice tenait la partie du deuxième violon.

    Le Concertino d’Igor Stravinski doit sa création à Alfred Pochon, le premier violon du Quatuor Flonzaley, qui commande au compositeur une courte pièce pour quatuor à cordes. Stravinski l’écrit à Carentac (en Bretagne) et à Garches pendant l’été 1920. Elle est créée, sans grand succès, le 3 Stravinsky.jpgnovembre la même année à New York par les dédicataires. Le compositeur expliquait ainsi le titre et la forme: “c’est un morceau en un seul mouvement traité librement en forme d’allegro de sonate, avec une partie nettement concertante au premier violon, ce qui, en raison de sa dimension limitée, me fit donner le titre diminutif de concertino (piccolo concerto)”. La coupe ternaire de ce court morceau appelle le modèle baroque de la sonate a quattro où le violon se taille le rôle essentiel, - ici une magnifique cadence au cœur de la section médiane, Andante. La permanente motricité de ce Concertino apparaît comme son premier aspect moderne, alors qu’à l'analyse, ce motorisme ne prend le dessus que dans le Poco agitato final.
    En 1952, Stravinski reprit cette partition de jeunesse, où le violon omnipotent se souvenait du “violoneux” de l’Histoire du soldat, pour l’étendre à un Concertino pour 12 instruments (violon, violoncelle, flûte, hautbois, clarinette, cor anglais, deux bassons, deux trompettes, trombone ténor, trombone basse).

    Chostakovitch.jpg Le Quintette pour deux violons, alto, violoncelle et piano de Dimitri Chostakovitch appartient à ces œuvres de choix qui, dès la date de leur création (1940), ont été instantanément reconnues et approuvées par tous les types de public. Ce quintette se compose de cinq mouvements : prélude, fugue, scherzo, intermezzo et finale. Chaque section contribue à la formation d’une seule entité harmonieuse au sein du cadre et du développement du plan général. La composition dans son ensemble a un contenu profondément significatif et se fait, à bien des égards, l’écho des concepts de la Symphonie n° 5. Sa caractéristique dominante est le lyrisme; pourtant cette atmosphère lyrique est totalement différente de celle du premier quatuor de 1938 et atteint un caractère plus profond, plus philosophique. Sur le plan du style, le quintette remonte aux traditions des maîtres anciens des XVIIe et XVIIIe siècles, ce qui n’implique pas toutefois une musique archaïque ou rétrospective, car le compositeur reste fidèle à son propre langage et infuse un nouveau contenu dans les formes anciennes. On trouve un exemple remarquable de ce phénomène dans la fugue, qui prend pour thème un chant traditionnel russe de veine lyrique. Pourtant, le développement de ce thème initial est extrêmement original et la texture polyphonique, quelle que soit sa complexité, fournit une sonorité claire, presque transparente. Cette fugue est un superbe exemple de la relation entre des concepts émotionnels et des principes structurels et elle démontre comment les éléments du discours vivant peuvent être infusés dans une polyphonie pure. Prokofiev avait beaucoup apprécié, à l’époque, son originalité intrinsèque. L’impétueux scherzo déborde de vie; l’intermezzo est imbu d’une qualité poétique exquise et d’une mélodie riche, fluide et prodigieuse; le finale, avec sa ligne gracieuse et ses détails fantaisistes, est un pur miracle de lumière et d’espace. Ce finale fait en outre ressortir à son avantage la simplicité de la structure harmonique générale.
    Le Quintette fut donné en première audition par Chostakovitch et les membres du Quatuor Beethoven le 23 novembre 1940,  dans la petite salle du Conservatoire de Moscou. Désormais, les “Beethoven” devinrent des amis de Chostakovitch, qui leur confia toutes les créations de ses quatuors, à l’exception du dernier, le violoncelliste Sergueï Chirinsky disparaissant quelques semaines avant sa création, en 1974.