29.01.2010

Paris 1914 1924 au Conservatoire de Lille

 

Chers amis mélomanes,

Un concert unique et exceptionnel, où vous pourrez découvrir les compositrices Lili et Nadia Boulanger, et entendre le trio chef d'oeuvre de Ravel...

dimanche 7 février 2010 à 11h au Conservatoire de Lille

Fauré.JPGGabriel Fauré Trio pour piano et cordes

 

 

 

 

 

Nadia Boulanger 3 Pièces pour violoncelle et pianoNadia Boulanger.JPG

 

 

 

 

 

 

Lili Boulanger.JPGLili Boulanger 3 Pièces pour violon et piano

 

 

 

 

 

 

Ravel.JPGMaurice Ravel Trio pour piano et cordes

 

 

 

 

 

 

Marie Lesage  violon
Jean-Michel Moulin  violoncelle
Jean-Michel Dayez  piano

et rendez-vous à la sortie pour un apéritif convivial avec les musiciens

venez nombreux, amenez vos amis

pour réserver lesamischambreapart@orange.fr ou tel +33 (0) 607 626 125

Ambre

ci-après les commentaires préparés par Paul Mayes

Chef-d’œuvre de sérénité, de transparence et de concision, le Trio pour piano, violon et violoncelle de Gabriel Fauré, fut écrit entre 1922 et 1923, période à laquelle Fauré luttait contre l’affaiblissement de sa santé, et en particulier contre la surdité partielle. Comme presque toutes les dernières pièces de musique de chambre de Fauré, ce Trio se compose de trois mouvements. Le premier mouvement, avec deux développements, est basé sur deux thèmes: le premier exposé d’abord dans la tonalité principale par le violoncelle, et le deuxième introduit en si bémol majeur par le piano. Le deuxième mouvement commence par une mélodie d’une beauté rare jouée par le violon puis reprise par le violoncello; les deuxième et troisième thèmes sont exposés par le piano. Après un point culminant, les thèmes sont repris un par un, et une variation sur le troisième thème conclut ce mouvement. Le final est basé sur trois motifs: le premier empreint de passion et joué d’abord à l’unisson par les cordes; le deuxième répondant au premier, que joue le piano, et le troisième, avec un accent plus strident et violent, présenté sous la forme de strette par les cordes en ré majeur. Les passages épisodiques, très expressifs, font éventuellement penser à la forme rondo, mais le développement organique des motifs et surtout le rôle du troisième motif dans la conclusion refusent toute tentative de définition formelle précise.


Nadia et Lili Boulanger naissent dans une famille comportant quatre générations de musiciens. Leur père, Ernest, est compositeur, Premier Grand prix de Rome en 1835 et professeur de chant au Conservatoire de Paris. Leur mère, Raïssa Myshetskaya, est une cantatrice russe, originaire de Saint-Pétersbourg. Encouragée par son père, Nadia commence à étudier l’orgue et la composition à l’âge de neuf ans. Dès 1903, elle devient organiste suppléante de Gabriel Fauré à l’église de La Madeleine. À seize ans elle obtient les premiers prix d’orgue, d’accompagnement et de composition au Conservatoire de Paris et en 1908, elle remporte un Deuxième Second Grand Prix de Rome de composition.
À la mort de sa sœur Lili, Nadia déclare qu’elle ne composera plus jamais et commence à se consacrer à la direction musicale, à la diffusion de l’œuvre de sa sœur, et, surtout, à la pédagogie. Professeur du Conservatoire américain de Fontainebleau dès sa création en 1921, et directrice de 1948 jusqu’à sa mort, Nadia Boulanger est, durant plus de 70 ans, l’un des professeurs de composition les plus influents du XXe siècle, comptant parmi ses 1200 élèves, Aaron Copland, Elliott Carter, George Gershwin, Philip Glass et Michel Legrand. “Je suis votre degré de tension le plus élevé, disait-elle. Écoutez-le en vous-même.” Elle repose, à côté de sa sœur, dans le Cimetière de Montmartre.
Les trois pièces pour violoncelle et piano sont des transcriptions de trois courts morceaux de virtuosité pour l’orgue écrits en 1915. La première est une transcription de L’improvisation de la collection Maîtres contemporains de l’orgue et se balance doucement avec des syncopations qui rappellent The Snow is dancing (La neige danse) du Children’s Corner de Debussy. La deuxième est un canon à une croche d’intervalle qui fait référence à la musique du pré-baroque, et la dernière utilise une gamme orientale avec le deuxième degré abaissé, qui donne une ambiance tsigane et joueuse à ce morceau de bravoure.


De six ans la cadette de sa sœur, Lili, de son vrai nom Juliette-Marie Olga, montre très tôt d’étonnantes dispositions pour la musique : dès six ans, elle sait déchiffrer les partitions, avant même de savoir lire. Gabriel Fauré, ami de la famille, est émerveillé par sa précocité et lui donne ses premières leçons de piano. De santé fragile, l’enfant reçoit à domicile l’enseignement du piano, du violon, du violoncelle, de la harpe et de l’orgue.
En 1909, Lili Boulanger entre au Conservatoire de Paris et devient, en 1913, la première femme à remporter le Premier Grand prix de Rome de composition musicale. En 1914, elle part à la Villa Médicis, mais ce premier séjour de quatre mois est écourté par l’éclatement de la Première Guerre mondiale. En 1918, sur son lit de mort, elle dicte à sa sœur Nadia son ultime œuvre, le Pie Jesu. Atteinte de tuberculose intestinale, Lili Boulanger meurt à l’âge de vingt-quatre ans le 15 mars 1918, précédant de dix jours Claude Debussy dans la mort.
Le diagnostic précoce de sa maladie semble avoir accru sa créativité et ses nombreuses œuvres, dont beaucoup sont restées inachevées ou sont perdues, semblent marquées par sa tragique destinée.
Parmi les pièces instrumentales qu’elle nous a laissées, Nocturne (1911), Cortège (1914) et D’un matin de printemps (1918) pour violon et piano montrent comment, se dégageant des influences de Fauré et Debussy, Lili Boulanger avait, avec une écriture d’une remarquable sobriété, trouvé un ton personnel. Leur chronologie permet de voir aussi comment la jeune musicienne allait sans cesse vers la lumière. “Les œuvres de Lili Boulanger me frappent par leur solitude. Elles dédaignent la mode et paraissent ignorer ce qui s’écrit autour d’elles.” (Igor Markevitch).

Maurice Ravel a composé son Trio pour violon, violoncelle et piano, “un chef-d’œuvre de rayonnante maturité” (Vladimir Jankelevitch), entre avril et août 1914 dans sa ville natale de Saint-Jean-de-Luz. La première guerre mondiale venait juste d’éclater et Ravel, qui avait été d’abord réformé pour raisons de santé, se porta volontaire et s’empressa donc de terminer cette œuvre qui aurait bien pu s’avérer être son “œuvre posthume”. Le premier mouvement, en forme libre de sonate, commence tranquillement par l’exposition du premier thème au piano, ou le rythme à 8/8 asymétrique de la main droite crée un étrange effet de contraste avec celui à 4/4 de la figure-pédale de mi par la main gauche. Le deuxième thème lyrique est exposé par le violon et, en passant par un court développement basé sur le premier thème et par une brève récapitulation commençant par une variation sur les deux thèmes, ce mouvement se termine sur une coda aux résonances solennelles. Le deuxième mouvement intitulé “Pantoum” (emprunt au nom d’un genre poétique malais) est structuré à la manière d’un scherzo libre, avec ses trois thèmes. Pour son troisième mouvement, Ravel choisit une forme archaïque de danse, la passacaille; son thème principal est exposé dans le registre grave par le piano puis repris neuf fois sous forme de variations. Le final est fait d’une musique brillante à la manière d’un rondo libre sur des rythmes inégaux (5/4,7/4) habituels aux danses du Pays Basque.

 

14.01.2010

Ménage Harmonieux

Dimanche 17 janvier à 11h au Conservatoire de Lille, la famille Schumann accueille les mélomanes.

Un programme qui fera une juste place à Clara, compositrice et muse de Robert. Que serait la musique de piano sans ce jeune couple amoureux du XIX e siècle, leurs amis et leurs passions.

Venez les écouter avec nous dans leurs lieder et romances.

A la sortie comme d'habitude nous partageronsle verre de l'amitié avec les musiciens.

à dimanche, Ambre Chapart

Clara WIECK - SCHUMANN  (1819 – 1896)

Clara Schumann.JPGLieder
Mein Stern
Warum willst du andere fragen   Op.12 no11
Er ist gekommen in Strum und Regen  Op.12 no2

Liebst du um Schoenheit   Op.12 no4
Lorelei


3 Romances pour violon et piano, op.22

Robert SCHUMANN  (1810 – 1856)

Robert Schumann 2.JPG3 Romances pour violon et piano, op.94

Lieder

Lied der Suleika   Op.25 no9
Schneeglöckchen   Op.79 no27
Widmung   Op.25 no1
Lied der Braut no 1   Op.25 no11
Schöne Fremde   Op.39 no6
Mondnacht   Op.39 no5
Er ist’s   Op.79 no24



Nobuko Takahashi soprano  
Stefan Stalanowski violon
Marc Lys piano

 

Fils de libraire, d’une bourgeoisie modeste mais cultivée, Robert Schumann naît le 8 juin 1810, à Zwickau, en Saxe. Très vite passionné par la musique et surtout la littérature, le jeune Schumann ne fut pas un enfant prodige et à ses dix-huit ans, soit deux années après la mort de son père, sa mère l’envoie étudier le droit à l’université de Leipzig. Seul dans une ville qu’il n’aime pas, étudiant une matière qui ne l’intéresse pas, Schumann fréquente alors les sociétés musicales et les meilleurs musiciens amateurs de Leipzig.
C’est dans ces salons qu’il rencontrera Friedrich Wieck, professeur de piano éminent, qui allait devenir son maître vénéré, puis le persécuteur d’un amour naissant. Wieck avait fait de sa fille Clara, alors âgée de neuf ans, l’une des enfants prodiges les plus brillantes de son temps, et c’est en l’entendant que Robert décidera de se placer sous la direction de son austère et intransigeant père.
Schumann s’installe chez son maître et se lance à corps perdu dans l’étude du piano. Il travaille avec acharnement, des heures durant, avec l’ambition de devenir un virtuose. C’est à la même époque qu’il prend ses premiers cours de composition avec Heinrich Dorn, mais ce pédagogue académique déçoit bien vite cet esprit fantasque et poète. Il compose ses toutes premières œuvres, pour piano : Variations sur le nom d'Abegg, Papillons, puis, impatient de la lenteur de son progrès au piano, il invente un appareil avec une poulie accrochée au plafond pour travailler l’indépendance des doigts. Au printemps 1832, le majeur de sa main droite est définitivement paralysé et toute idée de carrière virtuose est brisée.
Accident ou automutilation : est-ce qu’il voulait déjà arrêter la compétition perdue d’avance avec Clara ? Elle était déjà lancée dans une carrière de soliste internationale, effectuant des tournées à travers l’Europe avec son père. À l’automne 1833, Robert sombre dans une profonde dépression et, le 17 octobre, il se sent perdre la raison et tente de se défenestrer.
Émergeant d’une crise qui a manqué lui coûter la vie, Schumann écrit de plus en plus, et fonde la Neue Zeitschrift für Musik, gazette où il part en guerre contre les “philistins”, gardiens d’un ordre musical rétrograde et classique, que le romantisme allait rapidement emporter. Dans les Davidsbündlertänze op.6 (marche des compagnons de David contre les Philistins), il met en scène les personnages de cette comédie.
En 1828, quand il rencontre Clara Wieck, elle a neuf ans et il en a dix-huit. Mais ce n’est que sept ans plus tard, lorsque Clara revient de Paris en 1835 après une tournée triomphale, que leurs sentiments respectifs s’affichent enfin au grand jour.
En 1836, Wieck prend soudain conscience que son enfant prodige, déjà une virtuose accomplie, va devenir une femme et donc peut-être abandonner sa carrière. De bienveillant et aimable, il devient féroce, et s’oppose vigoureusement à leur mariage, envoyant Clara à Dresde et interdisant toute communication entre les fiancés.
Pour Robert, cette période voit le désespoir succéder à l’espoir, l’euphorie à un accablement morbide, mais c’est aussi l’époque de ses grandes œuvres pour piano, la Fantaisie, les Kreisleriana, la Sonate en fa dièse mineur... autant de douleur, de désespoir et d’amour, tous adressés à Clara. Trois ans durant, Wieck souffle le chaud et le froid, calomnie Robert et fait un chantage affectif permanent à sa fille, sans pour autant distendre leurs liens ; ils communiquent par le biais d’amis et de messages musicaux dans les concerts de Clara.
Enfin, en juillet 1839, les futurs époux adressent une requête au tribunal afin d’autoriser le mariage, qui sera finalement célébré le 12 septembre 1840 à Schönefeld par décret de la cour de justice. Huit enfants sont issus de leur union.

Née le 13 septembre 1819, Clara Wieck grandit dans un milieu de musiciens professionnels, mais ne parlait pas avant l’âge de quatre ans et on soupçonnait même qu’elle était sourde. A l’âge de cinq ans ses parents se sont séparés et, la loi Saxone désignant Friedrich “propriétaire” de Clara et de ses deux frères cadets, il en assurait désormais la garde. À partir de ce moment, il s’est décidé à forger Clara en virtuose capable de prouver au monde la suprématie de sa méthode pédagogique, et il a trouvé en elle la matière pour réaliser son ambition.
Première interprète des œuvres de son mari, dont elle était la seule à bien comprendre les délicatesses selon lui, Clara est elle-même l’auteur d’une quarantaine d’œuvres (elle publie ses premières œuvres, Quatre Polonaises, en 1829 et les Soirées Musicales, composées entre 1834 et 1836, connaissent un grand succès, notamment auprès de Liszt) mais elle a en partie négligé en elle la compositrice au profit de l’inspiratrice et de la pianiste. À partir de son accident, Robert la considérait comme “ses mains” et leurs rôles respectifs de créateur et d’interprète se concrétisaient petit à petit. Clara, si confiante en ses capacités de pianiste et prête à affronter tous les autres tabous de l’époque (voyageant sans son mari et donnant des concerts jusqu’aux derniers stages de ses grossessses) manquait de confiance dans ses talents de compositrice et cela malgré les succès de sa jeunesse. “Autrefois j’ai cru que j’avais un talent créatif” écrit-elle “mais j’ai abandonné cette idée ; une femme ne doit pas désirer composer et il n’y en a jamais eu une capable de le faire. Est-ce moi celle qui y serait destinée? Ca serait de l’arrogance de l’imaginer. Seul mon père a essayé de me tenter dans ce sens, mais j’ai très vite arrêté d’y croire. Que Robert crée toujours suffit pour me rendre heureuse.”
En 1854, Robert Schumann est interné. Veuve dès 1856, Clara devient l’amie, la conseillère et l’inspiratrice de Johannes Brahms mais elle affirme désormais que ses seuls moments de bonheur sont ceux où elle joue ou écoute la musique de son cher disparu. Clara se lance à corps perdu dans des tournées en Angleterre, France, Russie… jusqu’en 1891, date de son dernier concert. Elle enseigne par ailleurs le piano au Conservatoire de Francfort de 1878 à 1892. De 1881 à 1893, elle établit une édition complète des travaux de son mari, dont elle n’aura de cesse de défendre l’œuvre. C’est précisément en écoutant son petit-fils, Ferdinand, interpréter une œuvre de son célèbre aïeul qu’elle s’éteint le 20 mai 1896, ayant enduré vers la fin de sa vie des problèmes de surdité. Elle est enterrée avec son mari au Vieux Cimetière de Bonn.

28.12.2009

Une année 2010 pleine de musique

Toute l'équipe de chambre à part, les musiciens, les bénévoles vous souhaitent une excellente année 2010, pleine de musiques.

venez nous rejoindre aux concerts, partager la musique et le verre de l'amitiés avec les musiciens,

vous trouverez toute la programmation sur cet article

une saison spécialement dédiées aux compositrices ...de chambre, des découvertes, des merveilles cachées

voyez les photos des 6 premiers concerts 2009-2010

rendez-vous le 10 janvier

Ambre Chapart

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