18/07/2014

Saison 2014 - 2015 "Coquelicots"

Chambre

à Part

Président d’honneur Jean-Claude Casadesus

 

Chambre à part est une association qui, depuis 2007, regroupe musiciens professionnels et mélomanes de la région lilloise afin de présenter une saison de musique de chambre le dimanche matin à Lille, à l’auditorium du Conservatoire et à l’auditorium du Palais des Beaux-Arts. .

Cette année deux nouveaux lieux s’y ajoutent : les galeries du Palais des Beaux-Arts (le 28 septembre à 16h00) et l’Hermitage Gantois Autograph Collection (le 7 décembre à 16h). De plus, le concert du 23 novembre à 16h00 aura lieu dans le cadre de laSaison Musicale 2014 au Musées de l’Hospice Comtesse.

La huitième saison, intitulée Coquelicots, est entièrement consacrée aux compositeurs qui ont vécu la période de la Première Guerre Mondiale.

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Personne n’a pu vivre les années 1914–1918 sans être affecté par la première guerre mondiale d’une manière ou d’une autre.Notre région a été particulièrement touchée et le monde musical n’a pas été épargné non plus : de nombreux musiciens ont participé directement aux combats, d’autres ont perdu des proches ou ont eu leur vie bouleversée par les événements.

Afin de rendre hommage aux musiciens qui ont payé le prix, à des degrés différents, de ce drame apocalyptique occasionné par la folie politique et militaire, Chambre à part consacre sa saison 2014–2015 à un panorama de la musique de chambre de l’époque, avec une programmation exceptionnelle de 27 concerts mettant à l’honneur une centaine de compositeurs. Elle inclut plusieurs créations mondiales ainsi que de nombreuses créations françaises et couvre 150 ans d’histoire musicale, puisque Saint-Saëns est né en 1835 et les derniers à disparaître, Gordon Jacob et Paul Le Flem, sont morts en 1984.

Ce projet est le fruit de vingt ans de recherches et de reflexion. Au fur et à mesure est apparu un répertoire d’une richesse inouïe, en grande partie oublié, issu des expériences individuelles tantôt dramatiques, tantôt émouvantes, parfois curieuses et parfois presque drôles.

Tant de vies bouleversées, tant de talent perdu : pourtant, la musique des soldats-musiciens ne reflète que rarement les horreurs qu’ils ont vécues. Bien au contraire, il semble que les combattants préféraient plutôt se raccrocher à la vie alors que la plupart des œuvres élégiaques ont été écrites par des compositeurs qui n’ont pas été mobilisés.

Devant une telle profusion d’œuvres témoignant du triomphe de la créativité humaine sur les forces de destruction, faire un choix a été très difficile. Ainsi, j’ai opté de présenter ce qui est en effet une double saison, avec le plus souvent deux concerts par date, matin et après-midi. Elle commence le 28 septembre par un concert gratuit, me permettant de faire une présentation de la saison, suivi d’une succession de programmes thématiques, avec notamment au mois d’octobre un weekend commémoratif de cinq concerts et deux conférences. La saison se clôturera par une production de l’œuvre magistrale d’André Caplet, Le Miroir de Jésus, en collaboration avec la Chapelle des Flandres, au mois de juin.

À l’image des coquelicots qui fleurissaient chaque printemps sur les champs dévastés, la musique née de ce conflit évoque l’espoir qui resurgit malgré tant de sang versé, et offre un contraste poignant avec les champs de stèles blanches des cimetières militaires semés à travers notre région.

Pour paraphraser une chanson quechua, j’aimerais être à la hauteur de ceux qui nous ont précédé.

Paul Mayes, président

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28 septembre : concert gratuit  avec présentation de la saison

à 11h00, au Conservatoire           

Pro Patria

La montée de nationalisme a beaucoup contribué à l’éclatement de la Guerre.

Manuel de Falla            Suite Populaire Espagnole, pour violon et piano

Georges Enesco            Aubade, pour violon et piano

Leos Janacek            Dumka, pour violon et piano

Bela Bartok            Danses populaires roumaines, pour violon et paino

Ignacy Paderewski            3 Danses polonaises op.5 , pour piano

Jean Sibelius            Pièces op.79, pour violon et piano

Igor Stravinsky            Chanson russe de Mavra, pour violon et piano

Hamilton Harty            Fantaisie irlandaise pour violon et piano

Alice Nenert  piano    Paul Mayes  violon

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à 16h00, aux Beaux-Arts (dans les galeries)

Storm Clouds Brood - L’orage se prépare

La décennie précédant la Guerre à travers trois compositeurs qui seront ensuite mobilisés.

Alban Berg            Quatuor à cordes op.3

Ralph Vaughan Williams            Phantasy Quintet

Maurice Ravel            Quatuor à cordes

 

Quatuor Joachim

Kbigniew Kornowicz  violon     Joanna Rezler  violon

Marie-Claire Méraud-Rannou  alto     Laurent Rannou  violoncelle

Paul Mayes  alto

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10/11/12 octobre  

“Soldats inconnus, musiciens disparus”

Weekend commémoratif de cinq concerts, un par année de guerre, mettant à l’honneur les compositeurs qui ont payé le prix le plus fort pour la folie politique et militaire.

Vendredi 10 à 18h30, au Conservatoire

L’année 1914 : France/Belgique

Edward Elgar            Une voix dans le désert pour soprano, récitant et cordes

Écrite pour King Albert’s Book, une œuvre de soutien à la Belgique organisée et publiée par le The Daily Telegraph en 1914.

Maurice Boucher            Légende et Réflexion, pour quatuor à cordes

Grièvement blessé à la jambe pendant la première bataille de la Marne, le 9 septembre 1914.

André De Vaere           Première sourire de printemps , pour voix et piano / Grave et poignant, pour piano

Touché mortellement aux poumons par balle à Saint-Georges-sur-l’Yser, le 10 novembre 1914.

Roger Boucher            Cantabile en la bémol majeur pour harmonium

Tué par un obus à la retraite de Charleroi, 21 – 23 août 1914.

Francis de Bourgignon            4 Sérénades op. 20, pour soprano, flute et quatuor à cordes

Blessé à Melle, 9 – 11 octobre 1914.

Georges Migot            5 Mouvements d’eau, pour quatuor à cordes

Grièvement blessé à Longuyon, 24 août, 1914.

 

Quatuor Les Coquelicots

Ken Sugita violon    Paul Mayes  violon

Juliette Danel  alto    Stéphanie Mouchet  violoncelle           

Reksi Dupas-Sata  soprano    Alice Adenot-Meyer  mezzo-soprano

Jean-Christophe Rigaud  piano

Christine Vienet  flute    Dominique Patteyn  harmonium    Franck Andrieux  récitant

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Samedi 11

 à 15h, au Conservatoire

L’année 1915 : Allemagne

Botho Sigwart von Eulenberg            Quatuor à cordes

Mort suite aux blessures reçues en Galicie le 2 juin 1915.

Fritz Juergens            Gedichte von Martin Greif pour voix et piano

Tué en Champagne, le 25 septembre 1915.

Rudi Stephan            Musique pour 7 instruments à cordes

Tué par une balle dans la tête tirée par un franc-tireur russe à Ghodazkow en Galicie, le 29 septembre 1915.

 

Filipo Marano  violon    Pierre Delebarre  violon

Paul Mayes  violon/alto    Daniel Harrison  violoncelle

Reksi Dupas-Sata  soprano    Alice Adenot-Meyer mezzo-soprano

Jean-Christophe Rigaud  piano

Nicolas Desmalines  violon    Yasmine Hammani  violon

Nathalie Leclerc  alto    Jean-Christophe Lannoy  violoncelle    Pascal Thibaut  contrebasse

Valérie Bargibant  harpe    Sabine Venlerberghe  piano

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à 17h30, au Conservatoire

Conférence : Dominique Huybrechts “Les musiciens dans la tourmente”

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à 18h30, au Conservatoire

L’année 1916 : Angleterre / ANZAC  

George Butterworth            Love Blows as the Wind Blows, pour voix et quatuor à cordes

Tué à Pozières, le 5 août. 1916.

Francis Purcell Warren            Variations sur un theme de Cramer pour quatuor à cordes

Tué sur la Somme le 3 juillet 1916.

George Wilkinson            Suzette (paroles de Elizabeth B. Piercy )(1916)

Tué le 1 juillet, 1916, premier jour de la bataille de la Somme. Son nom figure au memorial de Thiepval.

Arthur Bliss            Quatuor pour piano et cordes (1915)

Blessé le 7 juillet 1916 pendant l’attaque sur La Boisselle dans la Somme, puis gazé en septembre 1918 à Cambrai. Son frère Kennard fut tué le 28 septembre 1916.

William Braithwaite Manson            Chants pour voix et piano

Tué sur la Somme 1 juillet, 1916

Frederick Kelly            Elegy, pour cordes et harpe

Tué à Beaucourt-sur-l'Ancre dans la Somme le 13 novembre 1916.

 

Filipo Marano  violon    Pierre Delebarre  violon

Paul Mayes  violon/alto    Daniel Harrison  violoncelle

Reksi Dupas-Sata  soprano    Alice Adenot-Meyer mezzo-soprano

Jean-Christophe Rigaud  piano

Nicolas Desmalines  violon    Yasmine Hammani  violon

Nathalie Leclercalto    Jean-Christophe Lannoy violoncelle   

Sabine Venlerberghe piano

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Dimanche 12

à 11h, au Conservatoire

L’année 1917 : Requiem

Fernand Halphen            Prière, Andante religioso, Sérénade pour violoncelle et piano

Capitaine au 13e régiment d’Infanterie territoriale, il est ‘mort pour la France’ le 16 mai 1917 à l’hôpital auxiliaire 62 à Paris XVIe. de maladie contractée au front.

Ernest Moeran            Quatuor à cordes en la mineur (1921)

Engagé commeestafette, il fut grièvement blessé à la tête à Bullecourt le 3 mai 1917.

Louis Vierne            Quintette pour piano et cordes

A la mémoire de son fils Jacques, mort au combat le 11 novembre 1917, à l'âge de 17 ans.

 

Philippe Gérard  piano

Quatuor Scaldis

Brigitte Seghers  violon    Emilie Antoine  violon

Dominique Huybrechts  alto    Cyril Simon  violoncelle

Daniel Harrison  violoncelle

Dominique Patteyn  piano

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à 15h30, au Conservatoire

Conférence : David Mastin “Le Conservatoire de Lille pendant la Première Guerre”

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à 17h, au Conservatoire

L’année 1918 : God caught them

Ernest Farrar            Quatuor à cordes

Farrar est mort à la bataille d’Epehy Ronssoy, à côté du Cateau le 18 septembre 1918. Il était au front depuis 2 jours.

Georges Antoine            Quatuor pour piano et cordes

Blessé, il souffre de longue maladie contractée dans les tranchées, il meurt à Bruges le 13 novembre 1918.

Cecil Coles            Quatuor à cordes

Mort à Crouy-sur-Somme le 26 avril 1918 alors qu’il tentait héroïquement de sauver certains camarades blessés.

René Vierne            Pièces en différents styles, pour harmonium

Le 29 mai 1918, à huit heures du matin, sur le plateau de Branscourt (Marne), il est tué par un éclat d’obus autrichien.

Arthur Bliss            Spring Offensive pourrécitant, timbales et cordes (Wilfred Owen)

Wilfred Owen est considéré comme le plus grand poète anglais de la Première Guerre mondiale. Il est mort le 4 novembre 1918, à Ors.

 

Filipo Marano  violon    Pierre Delebarre  violon

Paul Mayes  alto    Daniel Harrison  violoncelle

Dominique Patteyn  piano/harmonium

Philippe Gérard  piano

Quatuor Scaldis

Brigitte Seghers  violon    Emilie Antoine  violon

Dominique Huybrechts  alto    Cyril Simon  violoncelle

Franck Andrieu  récitant    timbales

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 9 novembre  

à 11h00, au Conservatoire

In memoriam

Œuvres écrites à la mémoire des proches disparus au combat.

Charles Loeffler            Music for Four String Instruments           

A la mémoire de son ami aviateur Victor Chapman.

Francis Casadesus             Chant de guerre du paysan, pour voix et piano

Hommage à son frère Marcel, tué par un obus le 10 octobre 1914.

Fernand Halphen            Les Tranchées, pour voix et piano

Dédié à Lt Paul Levylier, mort le 6 novembre 1915.

Claude Debussy            Noël des enfants qui n’ont plus de maison, pour voix et piano

Heinrich Kaminski            Quatuor à cordes

Composé en 1916, le quatuor exprime le choc que le compositeur a subit suite à la mort de son ami artiste, Franz Marc.

 

Alexandre Diaconu  violon    Paul Mayes  violon

Christelle Hammache  alto    Catherine Delanoue  violoncelle

Reksi Dupas-Sata  soprano    Alice Adenot-Meyer  mezzo-soprano

Jean-Christophe Rigaud  piano

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à 16h00, au Conservatoire

Au front

Œuvres écrites pendant la Guerre par des compositeurs mobilisés.

Jacques de la Presle             Suite en Sol pour quatuor à cordes

Cette œuvre d’une grande gaîté offre un contraste étonnant avec les circonstances dans lesquelles elle fut écrite, puisqu’elle date d’octobre 1917 quand de la Presle combattait sur le front à Grugies près de St-Quentin dans l’Aisne.

Albert Roussel            Light, A Farewell pour voix et piano

Bien qu’il soit réformé, il s’engage au convoi automobile de l’armée de terre durant les quatre années de guerre.

Gordon Jacob            Trio pour violon, violoncelle et piano “Pages from the life of an émigré”

Mobilisé dans l’infanterie en 1914 et fait prisonnier après la bataille d’Arras en1917 (un des 60 survivants d’un bataillon de 800).

Ivor Gurney            In Flanders  pour voix et piano (‘Crucifix Corner, Thiepval, Christmas Day 1916’.)

            By a Bierside.(Écrit assis sur un sac de sable mouillé dans un emplacement de mortier             abandonné en Flandres.)

Blessé à l’épaule au mois d’avril 1917, puis gazé au mois de septembre 1917.

Erwin Schulhoff            5 Grotesken

De 1914 à 1918 il est soldat dans l'armée autrichienne. L'idée du cycle pour piano fünf Grotesken, lui serait venue sur le champ de bataille d'Asiago, dans les dolomites, en 1917 où il fut blessé à la main.

Ernest Toch            Sérénade pour 2 violons et alto 

Mobilisé 1915-18 dans l’armée allemande, sur le front italien.           

Arnold Schoenberg            Le brigade de fer, pour piano et quatuor à cordes

Mobilisé mais n’est pas envoyé au front pour raisons médicales. L’œuvre est une plaisanterie musicale hautement ironique en forme de marche militaire.

Alexandre Diaconu  violon    Paul Mayes  violon

Christelle Hammache  alto    Catherine Delanoue violoncelle

Reksi Dupas-Sata  soprano    Alice Adenot-Meyer  mezzo-soprano

Jean-Christophe Rigaud  piano

Dominique Patteyn  piano     Alice Nenert  piano

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 23 novembre 

à 11h00, au Conservatoire

Musiciens-brancardiers

Beaucoup de musiciens français se trouvaient affectés à ce corps particulièrement exposé aux risques.

Joseph Boulnois            Sonate pour violoncelle et piano

Joseph Boulnois est mobilisé à Châlons-sur-Marne comme sergent-infirmier. Il contracte la grippe espagnole et meurt le 20 octobre 1918.

Déodat de Séverac            Minyoneta, souvenirs de Figueras, pour violon et piano (1919) ou

                                                                                    Lied romantique (1929)pour violon (ou violoncelle) et piano

En janvier 1914 il fut mobilisé à la 143e de la ligne à Carcassonne - nommé à l’Hôpital Auxiliaire de Saint-Pons, puis à Prades.

Jacques Ibert            Noël en Picardie, pour piano (1915)

Infirmier de l’Ambulance 12/4 en Champagne. Il contracte la paratyphoide en 1916.

Charles Koechlin            Sonatine pour piano op.59 no 1/3

Musicien-brancardier

Philippe Gaubert            3 Aquarelles, pour flûte, violoncelle et piano

Musicien-brancardier à Éparges et Verdun. Décoré de la Croix de Guerre.

 

Yasmine Hammani  violon    Clément Vandamme  violoncelle    Amaury Breyne  piano

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à 16h00, à l’Hospice Comtesse

dans le cadre de la Saison Musicale 2014 au Musées de l’Hospice Comtesse

Tarif unique : 10 €     Réservations : 03 28 36 84 00 

Combattants

Œuvres écrites avant ou après la Guerre par des soldats-compositeurs.

John Heath            Quatuor serbe

Par la suite médecin généraliste aux Pays de galles, ce quatuor traduit ses impressions du front macédonien pendant la première Guerre.

Paul Hindemith            Mélancolie, pour soprano et quatuor à cordes. Dédié à Karl Köhler

Hindemith fut mobilisé entre août 1917 et novembre 1918 dans les Flandres. Son père y fut tué en 1915.

Paul  Roussel            Berceuse, pour violon & piano

Disparu à Verdun, juin 1916.

Lucien Niverd            Prestement et Languissament, pour 2 violons et piano

Combattant en Artois, dans la Somme et à Verdun.

Reynaldo Hahn            Chants pour voix et piano

Trois ans au front. Légion d’honneur et Croix de guerre

W. Denis Browne            Chants pour voix et piano

Tué au front à Achi Baba (Gallipoli) le 4 juin 1915.

Ivan Krijanovski            4 Chansons op.19, pour voix et piano

Sert dans le corps médical de l’armée russe.

Hugo Herrmann            Spielmusiken pour quatuor, op.50

Sévèrement blessé en 1918.

 

Nicolas Desmalines  violon    Yasmine Hammani  violon

Paul Mayes  alto    Clément Vandamme  violoncelle

Nobuko Takahashi  soprano    Pierre Delgrange  piano

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7 décembre  

à 11h00, aux Beaux-Arts

Prisonniers

Prisonniers de guerre et prisonniers civils.

Wilhelm Rettich            Partita pour quatuor ou Lieder

Mobilisé en 1914, il est fait prisonnier par les russes et envoyé en Sibérie.

Henri Marteau            Quatuor à cordes no3 (1916)           

[Le deuxième mouvement, Adagio molto, est titré à la fois en français ‘Hymne à la douleur’ et en allemand ‘Hymne an den Schmerz’.]

Henri Marteau est né d’un père français et d’une mere allemande. Lorsque la Grande Guerre éclate il est professeur à Berlin et ami de l'empereur Guillaume II jusqu'à l'exil de celui-ci à Doorn. Il fut mis aux arrêts dans sa propriété de Lichtenberg durant la guerre. En 1920 il obtient la nationalité suédoise.

Arthur Benjamin            Pastoral Fantasy pour quatuor

D’origine australienne, il est mobilisé dans l’armée anglaise en 1914, il rejoint le RAF en 1917. Son avion est abattu le 31 juillet 1918 par le jeune Hermann Göring. Il est ensuite prisonnier à Ruhleben camp d’internement.

 

Cassandra Harvey  soprano    Christine Vienet   flûte

Quatuor Les Coquelicots

Ken Sugita violon    Paul Mayes  violon

Juliette Danel  alto    Stéphanie Mouchet  violoncelle

 

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à 16h00, à l’Hermitage Gantois

Paul Paray            Quatuor à cordes

Quand la Guerre éclate, il rejoint le IIIe Corps à Charleroi. Il est fait prisonnier par les Allemands et passe quatre années au camp de Darmstadt. C’est mentalement qu’il compose son Quatuor à cordes, qu’il mettera sur papier à son retour en France.

Edgar Bainton            Quatuor à cordes

Surpris en juillet 1914 pendant une visite au festival de Bayreuth, il fut interné à Ruhleben, près de Berlin où il écrit son quatuor.

Quatuor Accord

Lucyna Janeczek  violon     Ines Greliak  violon

Paul Mayes  alto    Jacek Smolarski  violoncelle

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11 janvier  

à 11h00, au Conservatoire

They also serve

De nombreux compositeurs non-combattants exprimèrent leurs réactions face à la souffrance et à la futilité de la Guerre.

Mel Bonis            La Cathédrale blessée, pour piano

Écrite suite au bombardement de la cathédrale de Reims, 1914.

John McEwen            Quatuor à cordes no 7 “Threnody”

Le Quatuor s’achève sur une citation du chanson “The Flowers o’ the Forest” qui commémore la bataille de Flodden en 1513.

Ildebrando Pizzetti            Sonate pour violon et piano

La Sonate est une réflexion sur la guerre avec un 2ème mouvement intitulé “Preghiera per ql’innocenti” (Prière pour les innocents).

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à 16h00, au Conservatoire

Alfredo Casella            Pagine di Guerra, pour piano 4 mains

Chacun des quatre morceaux est suggéré par une image cinématographique de l’Europe en guerre.

Joseph Holbrooke            Quatuor à cordes no2 “(War) Impressions”

Les deux mouvements sont intitulés : Belgique – 1915, Russie – 1915

Hermann Zilcher            Quintette pour piano et cordes

Le Quintette est une réflexion sur la guerre : le 2ème mouvement est une “Marche funèbre” et le 3ème mouvement, “Österreichisches Reiterlied”, exprime les pensées d’un soldat à cheval pendant la première guerre mondiale.

 

Paulina Pollet  piano    Alice Nenert  piano

Filipo Marano  violon    Delphine Der Avedisyan  violon

Paul Mayes  alto    Gregorio Robino  violoncelle

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25 janvier  

à 11h00, au Conservatoire

La Pologne éclatée 

Parmi les compositeurs nés en Pologne actuelle ou ancienne, Miaskovski et Ludkewycz furent appelés à se battre dans des armées ennemies, Rozycki se réfugia en Angleterre et Szymanowski se trouva coincé au milieu des combats.

Karol Szymanowski            Mythes, pour violon et piano

Pendant la révolution bolchévique de 1917, la maison familiale de Szymanowski, dans sa ville natale de Tymoszowka, aujourd’hui en Ukraine, fut détruite et la famille fut contrainte de démenager d’abord àElisavetgrad puis, en 1919, à Varsovie..

Stanislaw Ludkiewicz            Balada pour quatuor à cordes

Sert dans l’armée autrichienne. Fait prisonnier par les russes 1915.

Nicolaï Miaskovski            Quatuor à cordes no2

Né à Warsovie, mobilisé er blessé sur le front autrichien, puis réformé avec traumatismes.

Ludomir Rozycki            Rhapsodie pour trio avec piano

Réfugié en Angleterre pendant la Guerre.

Stefan Stalanowski  violon    Vladimir Soultanov  piano

Quatuor Les Coquelicots

Ken Sugita violon    Paul Mayes  violon

Juliette Danel  alto    Stéphanie Mouchet  violoncelle

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à 16h00, au Conservatoire

Frères ennemis

Marié à une américaine, Kreisler fut mobilisé dans l’armée autrichienne et envoyé au front, malgré sa célebrité internationale. Blessé et réformé, il part aux Etats-unis où il fut vilipendé par la presse. Mais sa personalité chaleureuse et conciliant ainsi que son immense talent lui ont permis de reconquérir le public américain et de maintenir l’amitié de ses confrères, malgré les sentiments conflictuels et nationalistes.

Fritz Kreisler            Quatuor à cordes

Mobilisé  puis blessé à Lemburg sur le front russe.

Eugène Ysaÿe            Sonate pour violon seul no2 (dédié à Jacques Thibaud)

Grand violoniste belge, Réfugié en Angleterre pendant la Guerre. Le violoniste français, Jacques Thibaud, fut blessé durant la Première Guerre mondiale et contraint à un long réapprentissage de sa technique.

Samuel Gardner            Quintette pour piano et cordes en fa mineur “To a Soldier”

A la mémoire du violoniste David Hochstein, mort au combat, octobre 1918.

Jacques Schab  piano

Olivier Lentieul  violon    Paul Mayes violon

Anne Le Chevalier  alto    Gregorio Robino  violoncelle

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15 février  

à 11h00, au Conservatoire

Bretons

Trois compositeurs mobilisés, fortement attachés à leur Bretagne natale.

Paul Ladmirault            Quatuor à cordes

Combat dans les tranchées à Hébuterne.

Paul Le Flem            Concertstück pour violon et piano

Mobilisé dès 1914, il doit faire face à l'armistice à une situation matérielle difficile mettant un frein sérieux à son activité de créateur.

Jean Cras            Quintette pour piano et cordes

Commandant d’un torpilleur dans l’Adriatique.

Aurélien Penart  piano

Benjamin Boursier  violon    Christina Boursier-Grylsyuk  violon

Paul Mayes  alto    Johanna Ollé  violoncelle

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à 16h00, au Conservatoire : concert gratuit

Concert croisé Chambre à part/Chti Cambristi  

Transatlantique

Quatre œuvres écrites dans le sillage de la Guerre par des compositeurs anglais, américains ou anglo-américains.

Charles Stanford            Trio no 3 pour piano et cordes “Per aspera ad astra” (1918)

Porte la dédicace “In memoriam : E.U., A.T., A.K., E.J.G., M.G., sempiternam patriae laudem funere cumulantium”

(Les deux derniers sont les fils de son ami Alan Gray, tués en 1918).

Rebecca Clarke            2 Mouvements pour quatuor (1924)

Altiste et compositrice, née en Angleterre d’un père américain et d’une mère allemande, elle partagea sa carrière entre l’Angleterre et les Etats-Unis.

Herbert Howells            Phantasy Quartet (1918)

Reformé à cause d’une santé fragile, Howells fut diagnostiqué en 1915 avec la Maladie de Basedow et les medecins lui donnèrent six mois à vivre. Il devient le premier Britannique à être traité par radioactivité  et meurt en 1983 à l’âge de 91 ans.

Henry Hadley            Quintette pour piano et cordes (1919)

Violoniste, compositeur et chef d’orchestre américain.

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15 mars : concert gratuit

à 11h00, au Conservatoire

Violonistes

Concert croisé Chambre à part/ élèves du Conservatoire de Lille

Deux violonistes virtuoses, l’un français et l’autre américain, qui furent entraînés dans le conflit. Si Spalding réussit à poursuivre sa carrière par la suite, Durosoir s’isola pour se consacrer à la composition.

Lucien Durosoir            Quatuor à cordes no1

Ayant commencé une carrière prometteuse de soliste, Durosoir fut mobilisé en 1914 et  passa les quatre années de la Guerre au front. Après sa démobilisation, il s’isole à Vincennes afin de se mettre à la composition et de s’éloigner de la société parisienne avec laquelle il ne sent plus aucun point commun. Il ne parvient jamais a reprendre sa carrière de violoniste.

Albert Spalding             Quatuor à cordes

Célèbre violoniste américain mobilisé pendant les deux guerres.

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à 16h00, au Conservatoire

Dommages collatéraux

Deux morts civiles.

Enrique Granados            Trio pour piano et cordes           

Périt avec sa femme à bord du Sussex, torpillé le 24 mars,1916.

Albert Magnard            Trio pour piano et cordes

Brûlé dans sa maison en s’opposant à l’arrivée de l’armée allemande dans sa propriété à Baron, le 3 novembre 1914.

Paulina Pollet  piano    Marie Lesage  violon    Jean-Michel Moulin  violoncelle

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29 mars  

à 11h00, au Conservatoire

Les yeux de la tête

Deux compositeurs qui ont perdu un œil.

Claude Delvincourt            Sonate pour violon

Directeur du Conservatoire de Paris : le 31 décembre 1915, il est grièvement blessé en Argonne et perd l’usage de son œil gauche.

Vaclav Stepan            Sextuor à cordes

Patriote tchèque, il refusa de servir dans l’armée autrichienne au déclenchement de la guerre de 1914. Pour parvenir à ne pas être enrôlé il n’hésita pas à se crever un œil, d’où le bandeau qu’il portait par la suite.

Alain Raës  piano

Gautier Dooghe  violon    Claire Eeckeman  violon

Sylvain Durantel  alto    Paul Mayes  alto

Pierre Joseph  violoncelle    Jean-Michel Moulin  violoncelle

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à 16h00, au Conservatoire

An Arm and a Leg

Deux musiciens qui ont perdu un membre.

Patrick Hadley            Quatuor à cordes en do majeur

Compositeur et professeur à l’université de Cambridge : amputé d’une jambe en 1918.

Franz Schmidt            Quintette pour piano et cordes

Ecrit pour Paul Wittgenstein, pianiste autrichien : blessé et capturé par les russes au cours d’un assaut sur la Pologne, il dut être amputé de son bras droit en août 1914.

Alain Raës  piano

Gautier Dooghe  violon    Claire Eeckeman  violon

Sylvain Durantel  alto    Pierre Joseph  violoncelle

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19 avril  

à 11h00, aux Beaux-Arts

Révolutions

Insurrection de Pâques 1916 en Irlande, Révolution d’octobre 1917 en Russie, Guerre civile de 1918 en Finlande, Novemberrevolution de 1918 en Allemagne : la Première Guerre mondiale a précipité d’autres troubles avec des consequences historiques qui perdurent.

Arnold Bax            In memoriam (1916), pour cor anglais, harpe et quatuor

Anglais mais passionné par l’Irlande, Bax fut bouleversé par la mort du patriote Patrick Pearce, tué à Dublin par l’armée britannique pendant l’insurrection de Pâques 1916.

Alexandre Mossolov            Op. 24, Quatuor à cordes No. 1 (1926)

A la révolution bolchévique 1917, Mossolov s’engage dans la cavalerie de l’Armée Rouge et combat sur les fronts polonais et ukrainien. Blessé et décoré, il souffra de stress post-traumatique et fut déchargé en juillet 1921.

Toivo Kuula            Rondo et Valse lente pour quatuor à cordes

Kuula fut connu pour ses activités politiques et son appartenance au mouvement fennomane. Le 1er mai 1918, il fut tué par balle suite à une querelle avec un Jäger au sujet de la célébration de la victoire des “blancs” (valkoiset) dans la guerre civile finlandaise.

Kurt Weill            Quatuor à cordes  (1918)

Sympathisant du communisme et par la suite considéré comme “dégénéré” par les nazis, Weill est encore étudiant à Berlin lors de la Novemberrevolution en 1918.

François Cantault  violon    Hélène Salem  violon

Paul Mayes alto    Gregorio Robono  violoncelle

Céline Haqette  harpe    Philippe Gérard  cor anglais

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17 mai  

à 11h00, aux Beaux-Arts

Fin d’une époque 

Œuvres tardives de trois compositeurs qui ont vécu le renversement de l’ordre établi à la fin de leurs vies.

Camille Saint-Saëns            Quatuor à cordes no 2 (1918)

Charles Wood            Quatuor à cordes no 5 en fa (1915-16)

Max Bruch            Quintette à cordes (1918)

Quatuor Sirius

Claire Eeckeman violon    Frédéric Daudin-Clavaud  violon

Clarisse Rinaldo  alto    Pierre Joseph  violoncelle

Anne Le Chevalier  alto

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31 mai  

à 11h00, aux Beaux-Arts

Une guerre peut en cacher une autre

Des compositeurs, aux destinées très différentes, qui ont vécu deux guerres mondiales.

Erwin Schulhoff            5 Stücke, pour quatuor à cordes

Combattant dans l’armée autrichienne pendant la première guerre ; deporté et mort au camp de Wülzburg pendant la deuxième.

Anton Webern            Quatuor à cordes op.28

Mobilisé pendant la première guerre ; tué par un GI américain à la fin de la deuxième.

Hanns Eisler            Trios à cordes

Il servit d’abord dans un régiment d'infanterie hongrois, puis dans une école d’officiers de réserve près de Prague entre 1916 et 1918. Etant communiste il est chassé de l’Allemagne nazie.

Karl Marx            Spielmusik, pour cordes

Pendant la Première Guerre il fut mobilisé et fait prisonnier en Angleterre ; pendant la Deuxième Guerre il composa pour des cérémonies nazis et contribua aux recueils de chants de la jeunesse hitlerienne.

Richard Strauss            Metamorphosen, arrangement pour septuor à cordes

Inspirée par la destruction du théâtre de Munich, l’œuvre porte la mention “In Memoriam !”. Elle fut composé sous le coup de l’émotion causée par la dévastation laissée par les années de guerre et douze ans de dictature.

 

Quatuor Les Coquelicots

Ken Sugita violon    Paul Mayes  violon/alto

Juliette Danel  alto    Stéphanie Mouchet  violoncelle

Hugues Borsarello  violon    Jean-Michel Moulin  violoncelle    Julia Petitjean  contrebasse

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11 Juin

à 20h00, à Église St. Maurice, Lille

Concert en association avec Solid’art et la Chapelle des Flandres

En 1914, nommé chef de l’orchestre de l’Opéra de Paris et, bien qu’exempté du service militaire, Caplet s’engage au moment de la déclaration de la Guerre. Blessé à deux reprises et gazé en 1914, il en garde de sérieuses séquelles qui l’empêchent de continuer sa carrière de chef d’orchestre. Le Miroir de Jésus est une œuvre magistrale rarement donnée en concert.

André Caplet             Le Miroir de Jésus – Mystères du Rosaire, pour 9 voix de femmes et ensemble instrumental

Noémie Capron   mezzo-soprano
Coeli et Terra, choeur de femmes, direction Maurice Bourbon

Quatuor Les Coquelicots

Ken Sugita  violon    Paul Mayes  violon

Juliette Danel  alto    Stéphanie Mouchet  violoncelle

Julia Petitjean  contrebasse    Céline Haquette  harpe

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Informations pratiques

Billeterie sur place

Plein tarif : 12 €

Tarif réduit : 6 €  (12 - 25 ans, demandeurs d’emploi)

Gratuit : moins de 12 ans et élèves des écoles demusique jusque 16 ans

Carnets (valables sur deux saisons)

Liberté (6 concerts) : 48 €

Intégrale (23 concerts) : 161 €

Tariff week-end du 10/11/12 octobre (5 concerts et 2 conférences) : 35 €

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Les lieux des concerts :

Auditorium du Conservatoire de Lille

Place du Concert, 59000 Lille

Palais des Beaux-Arts de Lille

Place de la République, 59000 Lille

Les concerts ont lieu dans l’Auditorium (entrée 18 rue de Valmy) sauf le 28 septembre à 16h, qui aura lieu dans les galeries du musée.

 

Le 7 décembre à 16h :

L’Hermitage Gantois Autograph Collection

224 rue de Paris, 59000 Lille

 

Le 23 novembre à 16h :

Hospice Comtesse

32 rue de la Monnaie, 59000 Lille

Ce concert à lieu dans le cadre de la Saison Musicale 2014 au Musées de l’Hospice Comtesse.

Pour tout renseignement sur les résevations et la billeterie, veuillez contacter l’Hospice Comtesse 03 28 36 84 00

Tarif unique : 10 €

 

Le 11 juin à 20h30 :

Église Saint Maurice

19 bis Parvis Saint-Maurice, 59800 Lille

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Chambre à part :

BP 214, 59029 Lille cédex

07 88 41 19 92

e-mail : lesamischambreapart@orange.fr

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30/08/2013

Programme de la saison 2013-2014

Chers amis mélomanes, bienvenue à la nouvelle saison de Chambre à part.

Nouveauté pour cette année : les concerts aux Palais des Beaux-Arts auront lieu à 11h, comme au Conservatoire.

Veuillez noter le nouveau numéro de téléphone : 07 88 41 19 92

Les tarifs : Plein 12 € - Réduit 6 € - Gratuit moins de 12 ans et élèves des écoles de musique jusque 16 ans

Abonnements : Liberté 6 concerts 48 € - Intégrale 13 concerts 90 €

Vous pouvez réserver par mail : lesamischambreapart@orange.fr

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Pour sa 7ème saison, Chambre à part poursuit sa volonté depromouvoir le partage et la convivialité autour de la musique de chambre. Mélageant chefs d’œuvres incontournables et compositeurs injustement tombé dans l’oubli, notre ambition est de faire connaître les beautés, souvent caches, du répertoire et de donner l’occasion d’entendre les talents des musiciens de la region. Les concerts au conservatoire se terminent par un verre de l’amitié offert à toute l’assistance, permettant a chacun de rencontrer les interprètes et échanger avec ses amis.

 

 

Conservatoire  29 septembre  Sang viennois

Deux compositeurs viennois séparés dans le temps par un siècle mais réunis par la sensibilité et l’esprit propre à leur ville.

Franz Schubert           Sonate Arpeggione pour violoncelle et piano

Erich Korngold          Suite pour 2 violons, violoncelle et piano main gauche

Sophie Patey  piano,  Johanna Ollé  violoncelle,  Benjamin Boursier  violon,  Paul Mayes  violon

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Conservatoire  13 octobre  Brithoven

Ce concert juxtapose un des premiers monuments du genre de quatuor à cordes avec un des plus récents, achevé juste avant la mort du compositeur anglais, né il y 100 ans.

Ludwig van Beethoven      Quatuor à cordes op.18 no 2

Benjamin Britten      Quatuor à cordes no 3

Marie Lesage  violon,  Pierre Delebarre  violon,  Cristina Blanco-Amavisca  alto,   Jean-Michel Moulin  violoncelle

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Conservatoire  3 novembre  Tenue de rigueur

Un jeune quatuor issu du conservatoire de Paris montre comment le basson français, avec sa sonorité si particulière, réussit à garder son identité.

Les Francs bassons

Réunis par leur passion pour le basson français, Anaël Bournel Bosson, Rafael Angster, Victor Dutot et Julien Abbes explorent trois cents ans de répertoire à deux, trois ou quatre bassons, s’étendant de la sonate baroque au quatuor contemporain.

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Conservatoire  17 novembre  Festicor

Dans le cadre du festival “Festicor”, le cor est mis à l’honneur dans un programme distrayant et festif.

Nicolas Avinée           Ouverture pour ensemble de cors et timbales

Franz Berwald           Septuor pour clarinette, basson, cor, violon, alto, violoncelle et contrebasse

Johann Strauss          Les voix du printemps, arrangement pour clarinette, bassoon, violon et violoncelle

Richard Strauss        Till Eulenspiegel - Einmal Anders pour clarinette, basson, cor, violon et contrebasse 

François Magnier     La grande chevauchée pour enemble de cors, guitares et parcussions

Jérôme Rouillard  cor,  Clélia Goldings  basson,  Claude Faucomprez  clarinette

Filipo Marano  violon,  Paul Mayes  alto,   Jean-Michel Moulin  violoncelle,  Julia Petitjean  contrebasse

Ensemble des cornistes de Festicor

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Beaux-Arts  1 décembre  Poèmes bohèmes

Deux cycles de “chansons sans paroles” tchèques illustrés par une performance en “live” de la plasticienne Marielle Duroule.

Leos Janacek           Par un sentier broussailleux, arrangement pour quatuor à cordes

Antonin Dvorak         Les Cyprès pour quatuor à cordes

Olivier Lentieul  violon,  Xin Guérinet  violon,  Paul Mayes  alto,  David Smolarski  violoncelle

Marilelle Duroule  peinture

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Conservatoire  19 janvier  Empire des Carpates

De la frontière entre la Hongrie et la Roumanie viennent le beau Quintette du jeune Bartok, ainsi qu’un “poème chambriste” dépeignant l’Arges, affluent de la Danube.

Theodor Grigoriu     Suite pour quatuor à cordes En amont de l’Arges

Bela Bartok            Quintette pour piano et cordes

Gabriel Diaconu  piano  

Alexandre Diaconu  violon,  Olivier Lentieul  violon,  Paul Mayes  alto,  Isabelle Le Boulanger  violoncelle

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 Conservatoire  2 février  Octorussie

Deux éblouissantes œuvres russes qui exploitent à merveille la sonorité des cordes.

Alexandre Glasounov     Quintette à cordes

Reinhold Glière               Octuor à cordes

Lucyna Janeczek  violon,  Ines Greliak  violon,  Alicja Tokarska-Bricout  violon, Sébastien Greliak  violon

Paul Mayes  alto,  Benjamin Bricout  alto,  Jacek Smolarski  violoncelle,  David Smaolarski  violoncelle

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Conservatoire  2 février  16h00

Concert croisé Chti Cambristi/Chambre à part : amateurs et professionnels se réunissent pour une fête de la musique.

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Beaux-Arts  23 février  Soyons Franck

Le grandiose Quatuor à cordes du grand maître belge César Franck couple avec un attrayant Quintette à cordes de son homonyme allemand, Eduard Franck.

 Eduard Franck           Quintette à cordes en mi mineur

César Franck           Quatuor à cordes

Quatuor Joachim

Zbigniew Kornowicz  violon,  Joanna Rezler  violon,  Marie-Claire Méraud-Rannou  alto,  Laurent Rannou  violoncelle

Paul Mayes  alto

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Théâtre Sébastopol  16 février  Ballet de chambre

Concert croisé avec des élèves instrumentiste et danseurs du conservatoire.

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Conservatoire  16 mars  Le courlis

La musique anglaise a connu une période pariculièrement riche pendant les premières décennies du XXe siècle, fortement marquées par la Grande Guerre.

Arthur Bliss                 Conversations pour flûte, cor anglais et trio à cordes

Edmond Rubbra         Ave Maria Gratia Plena op.5 pour ténor et quatuor à cordes

Gordon Jacob          4 fancies pour flute et trio à cordes

Edward Elgar              Andante et Allegro pour hautbois et trio à cordes

Peter Warlock             The Curlew pour ténor, flûte, cor anglais et quatuor à cordes

Emmanuel Hassler  ténor,  Pascal Langlet  flûte/flûte basse,  Philippe Gérard  hautbois/cor anglais

Ken Sugita  violon,  Paul Mayes  violon,  Anne Le Chevalier  alto,  Claire Martin  violoncelle

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Conservatoire  30 mars  Trio Boréade

Retour à Vienne pour ce concert réunisant deux géants de la musique classique, et on est heureux de découvrir le talent cache d’Anne Secq-Delecroix !

W.A. Mozart                     Allegro en ré majeur KV 442

W.A. Mozart                     Trio pour piano et cordes en ut majeur KV 548

Anne Secq-Delecroix      Allegro en ré majeur sur un thème de Jean-Claude Raynaud

Johannes Brahms           Trio pour piano et cordes n°3 en ut mineur, opus 101

Trio Boréade

Anne Secq-Delecroix  piano,  Yasmine Hammani  violon,  Clément Vandamme  violoncelle

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Trios de quatuors : 3 séries de 3 quatuors

Pour conclure la saison, un “mini-festival” qui puise son idée dans la coutume qu’avait les compositeurs classiques (repris par Mendelssohn et Schumann) de regrouper leur œuvres en opus (ici de trios numéros) avec l’idée de montrer les différentes facettes de leur inspiration.

Beaux-Arts  13 avril  Quatuor Dimitri

Joseph Haydn              Quatuor à cordes op.54 no1 en sol majeur

Felix Mendelssohn     Quatuor à cordes op.44 no1 en ré majeur

Robert Schumann      Quatuor à cordes op.41 no1 en la mineur

Quatuor Dimitri

Céline Planes  violon,  Julie Oddou  violon,  Renaud Stahl  alto,  Frédéric Dupuis  violoncelle

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Beaux-Arts  11 mai  Quatuor Amon

Joseph Haydn                Quatuor à cordes op.54 no2 en do majeur

Felix Mendelssohn       Quatuor à cordes op.44 no2 en mi mineur

Robert Schumann        Quatuor à cordes op.41 no2 en fa majeur

Quatuor Amon

Aymeric De Villoutrey  violon, Aline Janeczek  violon, Antoine Combot  alto, Anne-Gabrielle Lia-Aragnouetvioloncelle

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Beaux-Arts  1 juin  Quatuor Sirius

Joseph Haydn                Quatuor à cordes op.54 no3 en mi majeur

Felix Mendelssohn       Quatuor à cordes op.44 no3 en mi bémol majeur

Robert Schumann         Quatuor à cordes op.41 no3 en la majeur

Quatuor Sirius

Claire Eeckeman  violon,  Frédéric Daudin-Clavaud  violon,  Clarisse Rinaldo  alto,  Pierre Joseph violoncelle

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30/05/2013

Beethoven la musique pour l'homme

Chers amis mélomanes,

L'intégrale des trios à cordes du jeune Beethoven en deux concerts le dimanche 2 juin à l'Auditorium du Palais des Beaux Arts de Lille à 15h et 17h par le trio HNG.

Un après-midi extraordinaire pour clore la 6e saison 2012-2013 et célébrer notre 100e concert public.

On vous y attend nombreux. Et puis s'il fallait encore vous le dire c'est presque donné : 12€ pour deux superbes concerts professionnels, un luxe de qualité pour pas cher. (10€ le concert unitaire)

Venez écouter Ludwig van I et II - réservations : lesamischambreapart@orange.fr ou +33 607 626 125

Billetterie à l'entrée de l'auditorium (2e sous-sol) et accès par le 18bis rue de Valmy (sauf handicapés). Durée de chaque concert 1h15.

Revenez en juillet sur le site de Chambre à part pour découvrir la programmation de la 7e saison.2013-2014

Ambre Chapart


à 15h Ludwig van I
Trio à cordes en mi bémol majeur, op.3
Sérénade pour trio à cordes en ré majeur, op.8

à 17h Ludwig van II
Trio à cordes en sol majeur, op.9 no1
Trio à cordes en ré majeur, op.9 no2
Trio à cordes en do mineur, op.9 no3

Trio HNG
Hugues Borsarello  violon
Nicolas Bône           alto
Gautier Herrmann  violoncelle

 

Les cinq trios à cordes de Beethoven sont des œuvres de jeunesse datant des années 1792 à 1798. Ils ont tous la même formation, à savoir un violon, un alto et un violoncelle. Ludwig van.jpgUn  exemplaire manuscrit du Trio op. 3, composé en 1792, passa par un concours de circonstances par l’intermédiaire de l’abbé Doppeler en 1794 en Angleterre où il éveilla l’intérêt d’un homme de lettres et amateur de musique, un certain William Gardiner, qui relata quelques années plus tard sa première rencontre avec la musique du jeune Beethoven: “Mon étonnement fut grand en jouant la partie d’alto de ce trio si différent de tout ce que j’avais entendu jusqu’alors. Il éveillait quelque chose de nouveau en moi, un plaisir intellectuel que jamais je n’avais reçu du monde des sons”. Pourtant, sur le plan formel, le jeune musicien cherche ici encore sa voie. Tout porte à croire que c’est le Divertimento K 563 de Mozart qui lui servit alors de modèle. On y retrouve la même tonalité et la même coupe formelle en six mouvements, inspirée de la “suite instrumentale”. Ce sont surtout les trois premiers mouvements qui annoncent ici et là le style du futur Beethoven et sa manière si particulière d’organiser le discours musical à partir de brèves cellules rythmiques. Le premier mouvement oppose ainsi thèmes chantants et formules énergiques tandis que l’Andante, fondé sur un motif staccato de quatre notes, semble vouloir mélanger comme à plaisir l’ambiance d’un mouvement lent avec celle d’un scherzo. Après un bref Menuetto plutôt conventionnel suit un Adagio qui adopte l’allure d’une romance, alors que le second Menuetto rappelle davantage les danses galantes baroques. Avec le Rondo-Allegro final, aux accents énergiques, on retrouve le style caractéristique de la “sonate en trio”, dont le genre est issu, mais on rencontre parfois aussi l’amorce du sceau inimitable du futur Beethoven.

Composée en 1795, la Sérénade op.8 de Beethoven renoue avec la tradition des cassations et des divertissements du XVIIIe siècle, où Mozart était passé maître. Elle est conçue aussi bien dans l’esprit que dans la forme d’une suite, comme le montre la succession des mouvements. Cette conception quasiment cyclique est assez originale pour l’époque, tout comme l’emploi d’une polonaise comme quatrième mouvement. Il est vrai que cette danse était très populaire en Allemagne depuis Telemann. A la Marche, suivie d’un Adagio très ornementé, succède un Menuetto avec Trio traditionnel, dont les pizzicatos s’inscrivent parfaitement dans le genre des petites musiques nocturnes. Le violon mène le jeu dans le mouvement suivant, Allegretto alla polacca. Ce recours à la polonaise, danse que le musicien ne goûtait guère, serait-il une concession à l’esprit de légèreté du genre? Notons qu’à l’époque le jeune Beethoven fréquentait assidûment les salons aristocratiques. On retrouve cependant les hardiesses habituelles de l’auteur dans certains silences brusques, procédé de style qui caractérisera ses œuvres futures. Le cinquième mouvement développe d’abord un thème d’allure gluckienne à travers quatre variations, puis combine mouvement lent et scherzo, par une accélération du tempo, avant que le violoncelle ne reprenne l’allure nonchalante initiale. Il n’y a pas de véritable Finale rapide. Celui-ci est remplacé par un Andante, suivi du rappel de la marche initiale, faisant office d’une péroraison pleine de vitalité.

Les trois Trios op. 9 furent composés pendant les années 1796 à 1798. Dédiés au comte Johann-Georg von Browne-Camus, ils inaugurent une nouvelle étape dans son style, proche de celui de la Symphonie n°1, avec une découpe en quatre mouvements et l’emploi de la forme-sonate. Le Trio op. 9 no1 s’ouvre par un bref Adagio, précédant l’exposition des deux thèmes principaux de l’Allegro initial, le premier affirmant vigoureusement la tonalité principale, tandis que le second (en mineur) semble se souvenir des petites marches des trios précédants. L’Adagio fait alterner une longue phrase mélodique et un jeu serré d’ornementations et d’imitations, une écriture du contraste qu’on retrouvera dans le Scherzo et son trio en mineur, avant que le violon ne s’élance dans le Presto final dans une course haletante d’une grande virtuosité qui termine l’œuvre avec éclat.

Egalement conçu en quatre parties, le Trio op. 9 n°2 a été composé à la même époque que le trio précédant. Son discours général est plutôt détendu, presque idyllique, notamment dans le mouvement initial. L’Andante quasi allegretto évoque, malgré son tempo quasiment identique, une sorte de rêverie mélancolique dans laquelle les trois voix s’entremêlent en un pianissimo mystérieux vers la fin. Après le Menuetto et son étonnant trio, dominé par le violoncelle, le Rondo conclusif affirme, malgré une activité parfois débordante des trois instruments et quelques sforzatos passionnés, l’ambiance intimiste du début.

Le Trio op. 9 n°3 est le dernier hommage que Beethoven rend au genre du trio à cordes. C’est aussi le meilleur des cinq trios à cordes, assez proche de la sonate Pathétique pour piano, écrite l’année suivante. Un des traits les plus frappants de l’œuvre est le début du premier mouvement, avec ses quatre notes (do, si, la bémol, sol), descendant à l’unisson, car on retrouvera fréquemment cette formule également dans ses derniers quatuors, composés au crépuscule de sa vie. Parmi les trois Trios op. 9, le dernier est sans doute le plus expressif, comme le montre l’intitulé du second mouvement, Adagio con espressione, sorte de marche solennelle richement ornementée aux modulations fréquentes. Le Scherzo repose sur le bondissement presque agressif des notes initiales et des accents dynamiques à contre-temps, tandis que le Trio central propose un moment de repos indispensable. Le Finale, de forme binaire, retrouve, après quelques murmures et hésitations, l’énergie initiale, fonçant avec brio à travers tons et fragments, pour s’amplifier progressivement et atteindre avec éclat le ton d’ut majeur, alors intensément dramatique par son contraste avec ce qui précède. Mais, pendant la coda, tous les conflits s’apaisent et l’œuvre s’éteint doucement dans la nuance pianissimo. Ce dernier trio, qui fut jugé “monstrueux” par quelques contemporains (un certain Kozeluch piétina même la partition en présence de Haydn), résout pourtant admirablement les conflits accumulés auparavant, tout en anticipant l’écriture des futurs quatuors. C’est peut-être ici que le passé et l’avenir se côtoient le plus dans l’œuvre instrumentale de Beethoven.