19.02.2009
Dimanche 22 février, du basson et un quatuor à cordes
Pour les amis mélomanes et virtuoses de l'internet, nous essaierons désormais de vous proposer les programmes en avant-première sur le site de Chambre à part.
Venez donc régulièrement le visiter et donnez votre avis aussi...voilà le beau son du basson qui se mêle aux cordes le dimanche 22 février à 11 h au Conservatoire de Lille, place du concert.
Antoine Reicha (1770 – 1836)
Variations pour basson et quatuor
Lento – Allegretto – Variations I à VII - Coda
Alexandre Borodine (1833 – 1887)
Quatuor à cordes no 2 en ré majeur
1. Allegro moderato
2. Scherzo : Allegro
3. Notturno : Andante
4. Finale : Andante - Vivace
Gordon Jacob (1895 – 1984)
Suite pour basson et quatuor
1. Prelude : Largo
2. Caprice : Allegro giusto
3. Elegy : Adagio
4. Rondo : Allegro vivace
Clélia Goldings basson
Quatuor Rhapsode
François Cantault violon, Sylvaine Bouin violon,
Paul Mayes alto, Edwige Della Valle - violoncelle.
Ce programme a été conçu comme beaucoup d’autres, c’est-à-dire : autour d’une œuvre connue et appréciée du grand public, on insère des œuvres qui ne feront pas par elles-mêmes déplacer une audience, mais que souvent les auditeurs sont très content de découvrir une fois dans la salle. Cette fois, nous avons voulu inviter notre amie Clélia pour faire mieux connaître l’instrument trop méconnu qu’est le basson. Le répertoire n’étant pas si large, nous avons choisi deux morceaux très différents l’un de l’autre, de deux compositeurs peu connus, mais qui vont vous séduire, nous en sommes convaincu ! En « sandwich », le deuxième quatuor de Borodine, avec son magnifique Notturno en troisième mouvement, souvent joué en isolation du reste de l’œuvre, tellement il est ravissant.
Bon concert et à dimanche… Paul Mayes
Antonín Rejcha (Antoine Reicha dans sa forme francisée) est sans doute le compositeur tchèque qui a le plus influencé l’école française. Né à Prague le 25 février 1770, il s’en va de chez lui à l’âge de dix ans, passant par Wallenstein, Bonn (où il se lie d'amitié avec Beethoven) et Hambourg pour rejoindre Vienne en 1802. Mais Reicha est un homme résolument moderne et sensible aux idées des lumières qui soufflent sur l’Europe depuis Paris.
En 1808 il décide donc de s’installer en France, où il s'impose grâce à sa culture, son ouverture d'esprit, sa capacité de travail et son savoir faire en théorie et en composition musicales. « J’ai toujours été poussé par le désir de composer quelque chose d'extraordinaire... Je n’y parvenais jamais mieux que lorsque je procédais à des combinaisons et exploitais des idées auxquelles mes prédécesseurs n'avaient jamais pensé ».
Reicha excelle, peut-être à cause de ses origines tchèques, dans l’écriture pour les instruments à vent et entretient des relations d'amitié avec quelques-uns des meilleurs virtuoses français, pour lesquels il écrit ses quintettes à vent et de la musique de chambre, notamment le bassoniste Antoine Nicolas Henry.
Nommé en 1818 professeur de contrepoint et fugue au Conservatoire de Paris, sa pédagogie concourt à l’épanouissement de toute une génération de compositeurs qui deviendront célèbres (Berlioz, Gounod, Adam, Franck, Flotow, Vieuxtemps, Onslow, Liszt...) Peut-être cette intense activité pédagogique et sa réputation de professeur ont-elles éclipsé en partie son merveilleux savoir-faire de compositeur.
En 1826, il cesse de composer pour se consacrer exclusivement à l’enseignement et à ses écrits théoriques. Mort en 1836, il est enterré au cimetière du Père Lachaise.
Chimiste et compositeur russe, Alexandre Borodine fut l’un des premiers compositeurs russes à jouir d'une vraie renommée internationale réussissant à concilier une carrière scientifique et une carrière musicale, toutes deux de haut niveau. Né à Saint-Pétersbourg, il y fit des études de chimie et de médecine à l'Académie médico-chirurgicale. Parmi ses premières activités scientifiques d'enfant, on compte quelques feux d'artifice, et sa mère lui confisquait régulièrement ses produits dangereux, et ceux qui sentaient trop mauvais.
Borodine a publié d’importants articles de chimie, particulièrement concernant ses recherches sur les aldéhydes. En 1861, il découvre la condensation aldolique, réaction importante en chimie organique, et une autre connue aujourd’hui sous le nom de réaction de Borodine-Hunsdiecker. En 1872, il a participé à la fondation d’une école de médecine pour femmes, la première en Russie.
La composition était pour lui un passe-temps. Pourtant, il commença tôt l’étude de la musique et composa un concerto pour flûte dès l’âge de treize ans. Quelques années plus tard, il devint l’un des membres du groupe des Cinq (avec Balakirev, Cui, Moussorgski, et Rimski-Korsakov), un groupe de musiciens qui défendait la culture et la conscience nationale russe.
Borodine disait : « En hiver, je ne peux composer que lorsque je ne me sens pas assez bien pour donner mes cours. Aussi, mes amis me disent-il, renversant la proposition traditionnelle, - j'espère que vous allez mal - , au lieu de - j'espère que vous allez bien - ».
Le Quatuor no 2 en ré majeur fut rédigé en 1881 en à peine deux mois, laps de temps particulièrement court pour le “musicien du dimanche” qu’était Borodine.
L’auteur rentrait des pays germaniques où il avait parcouru nombre de lieux qui lui rappelaient les trois années qu’il y avait passées, en particulier à Heidelberg, ville universitaire où il avait poursuivi ses études médicales, et où il avait connu la· jeune pianiste russe Ekaterina Protopopova avec laquelle il s’était fiancé le 22 août 1861.
Le Quatuor en ré semble être le présent que l’auteur désirait offrir à Ekaterina, “une femme qui l’aimait, qui comprenait et estimait son énorme talent” (selon Rimsky-Korsakov), pour fêter dignement ces vingt ans de vie commune.
L’œuvre renferme un programme explicité par le compositeur lui-même : un rendez-vous nocturne (exprimé dans l’Allegro moderato initial), un air de valse (Scherzo), un duo d'amour (Notturno, l’une des plus belles pages de toute la littérature écrite en Russie), tandis que le finale (Andante et vivace) évoque un lever de soleil tôt le matin.
En tant que compositeur, Borodine ne cherche pas à innover, laissant paraître son goût pour le modèle beethovenien, en particulier celui du Quatuor no 13 op.130. Toujours fasciné par les archaïsmes orientalisants, en particulier géorgiens et tatars, il en pimente ces pages écrites dans un état de concentration qu’on ne connaissait guère chez ce professeur dilettante.
Ce Quatuor n° 2 fut donné en première lors d’une soirée de la Société Impériale Russe de Musique à Saint-Pétersbourg le 9 mars 1882 par le quatuor emmené par NV.Gualkine, avec Duegtierev, Rezvetsov et Kouznetsov.
Gordon Jacob, cadet de dix enfants, a été mobilisé dès le début le la Grande Guerre à l’âge de 19 ans. Il servit dans l’artillerie et fut l’un des 60 survivants de son bataillon de 800 soldats, puis fait prisonnier en 1917.
Après la guerre, il étudia la composition avec Charles Villiers Stanford au Royal College of Music, et fut professeur dans cet établissement de 1926 à 1966. Malheureusement, affligé d’un bec de lièvre et avec une main accidentée dans son enfance, ses capacités instrumentales étaient limitées, et bien qu’il étudia le piano il ne put jamais faire de carrière d’instrumentiste.
Au sommet de son renom dans les années 50, sa musique a été jouée pour le Festival of Britain en 1951 ainsi que pour le couronnement de la Reine Élisabeth en 1953.
Il continua à vivre de la composition après avoir quitté son poste au Royal College of Music et beaucoup de ses œuvres les plus réussies datent de cette période.
Gordon Jacob était musicalement parmi les plus conservateurs des compositeurs de sa génération, préférant l’austérité des modèles baroques et classiques au romantisme de ses propres professeurs. Il garda cette esthétique malgré la prédominance de l’atonalité et du sérialisme de l’époque. Lui-même décrivait ses œuvres comme “des petites pièces sans prétention” mais raillait l’avant-garde des années 60 : “J’ai personnellement un sentiment de révulsion contre le snobisme intellectuel de certains artistes progressifs… Le jour où on renonce à la mélodie est le jour où on abandonne la musique…”
Il écrivait avec beaucoup d’adresse pour les instruments à vents, publiant des morceaux solos ou d’ensembles de différents niveaux de difficulté pour presque tous les instruments, parmi lesquels beaucoup sont rentrés dans le répertoire de concert ainsi que dans les ouvrages de pédagogie.
Jacob publia plus de 700 opus avant sa mort en 1984, ainsi que quatre livres et de nombreux articles concernant la musique.
La Suite pour basson et quatuor à cordes a été écrite par Gordon Jacob à la demande de l’un de ses anciens étudiants au Royal College of Music, le bassoniste William Waterhouse (1969). Dans le programme de la création par l’Ensemble Melos au Festival de Cheltenham en juillet 1969, le compositeur a écrit : « Elle se compose de quatre mouvements courts, alternativement lents et rapides. Le basson s'est maintenant bien affirmé comme instrument sérieux et noble. Il a dépassé sa réputation de simple véhicule de l'humour musical, et ses qualités expressives sont pleinement exploitées dans les deux mouvements lents, dont le second utilise son registre aigu. Le deuxième mouvement, “Caprice”, exige dextérité technique et rythmique et le dernier mouvement adopte le caractère d'une tarentelle. »
21:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.02.2009
Les rendez-vous de février, du classique et des découvertes...
dimanche 8 février à 11h au Conservatoire de Lille, place du concert.
trio Una Corda,
avec Emmanuelle Le Cam, piano, Thierry Koehl, violon, Matthieu Lejeune, violoncelle,
un concert Slave, Cordes et Âmes
dans le célèbre "Dumki" de Dvorak, le trio "élégiaque" de Rachmaninov, et à découvrir, le trio de Tchérépnine
dimanche 22 février à 11h au Conservatoire de Lille, place du concert.
quatuor à cordes et basson
étonnant et envoûtant alliage de "bassonorités", un concert à ne pas manquer !
par le quatuor Rhapsode,
François Cantault et Sylvaine Bouin, violons,
Paul Mayes, alto, Edwige Della Valle, violoncelle,
et Clélia Goldings, basson
dans le quatuor n°2 de Borodine, les variations pour quatuor et basson de Reicha, et la suite pour basson et quatuor de Jacob
après les concerts, venez partager vos émotions autour d'un verre avec les musiciens
copyright photo Anaïs Gadeau, Ville de Lille
Vous pouvez aussi recevoir la lettre de diffusion de Chambre à part. Avec une douzaine de numéros par an, nous vous informons des concerts de musique de notre association, et nous signalons les concerts de nos amis musiciens, et ceux de nos amis organisateurs.
Pourtant on ne peut pas tout annoncer,... tant l'actualité de musique de chambre est riche...on en est tout heureux pour la musique,
pour recevoir la lettre, laissez un petit message à lesamischambreapart@orange.fr
et pour voir toute la programmation annuelle : chambreapart saison-2008-2009-programme
à bientôt au concert...
Bernard
10:58 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.01.2009
Quelle Truite Mes Aïeux !! Impressionnante !
Ce dimanche matin le temps est bien maussade. Cela n’a pas découragé près de 300 mélomanes de se presser au bel Auditorium du Conservatoire de Lille pour communier avec Schubert et la musique de chambre.
Dans la coulisse les musiciens se préparent et vérifient leur matériel (de pêche ?). Dmitry Sitkovetsky chauffe sont beau Stradivarius de 1717 qui a appartenu à Nathan Milstein, Jacques Thibaut, Jaime Laredo, Salvatore Accardo. Jean-Michel Dayez arpège sur le piano parfaitement préparé par Francis De Clercq, Jean-Michel Moulin peaufine les phrasés l’esprit au firmament, Gilbert Dinaut dorlote et relaxe sa contrebasse, Paul Mayes retient son alto tout impatient de jouer.
Le Notturno D 897 pour commencer. Un bel adagio que Schubert composa pour son 1er trio mais auquel il préféra un andante. Très belle entrée en matière. Le décor musical est planté.
Le quintette La Truite D 667 peut débuter. La pluie qui fait résonner la verrière crée une atmosphère surréaliste. Dès les premières mesures, les musiciens ne font plus qu’un. Les phrases et les thèmes s’enchaînent parfaitement synchronisés. Chaque instrument relaie sa variation au 4e mouvement dont le thème va s’incruster dans les têtes pour le reste de la journée. D’où je suis j’admire la précision millimétrique et la pression calculée de l’archet de Dmitry Sitkovetsky, la danse frénétique des mains de Jean-Michel Dayez, le dodelinement de la Contrebasse. Il me semble que la caisse du violoncelle se gonfle d’aise devant sa grande sœur, et que l’alto la toise de ses couleurs mélancoliques.
La musique nous a paru si brève et si belle que le public en veut encore. « Pour redonner sa chance à la truite » nous dit Paul, les musiciens rejouent quatre variations. Dmitry remercie de l’avoir invité à jouer de la musique de chambre à Lille. Il dit l’importance que revêt à ses yeux la pratique de la musique vivante, stimulant l’instrumentiste et honorant le répertoire.
Quelle belle truite mes aïeux ! Une exécution à la perfection pour une pièce enjouée. Le public ovationne les artistes pendant de longues minutes.
Avec un mets de cette qualité, je crois bien que Francis Blanche n’aurait pas attrapé de l’urticaire…(chanson sur la Truite de Schubert interprétée par les Frères Jacques).
Ambre Chapart
Franz Schubert
Notturno pour piano et cordes, op.148
Quintette pour piano et cordes, op.114 “La Truite”
Allegro vivace Andante Scherzo Andantino Allegro giusto
Dmitry Sitkovetsky violon
Jean-Michel Dayez piano
Paul Mayes alto
Jean-Michel Moulin violoncelle
Gilbert Dinaut contrebasse
23:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


