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  • Un évènement musical unique en France, et c'est à Lille

    Chers amis mélomanes, fous de quatuor ou simples amateurs de beautés musicales,

    précipitez-vous le dimanche de Pâques au Palais des Beaux-Arts de Lille,

    pour entendre des quatuors à cordes de compositeurs baltes, deux concerts inouïs

    Voir le programme détaillé dans la note ci-dessous (datée du 2 avril)

    le quatuor Bogen qui jouera à 17hP1050167.JPG

    Paul Mayes, directeur artistique, vous présente la genèse de cette journée inédite et unique en France

    "Vous vous plaignez parce que vous avez été envahis, mais pour nous c’est bien pire, on nous a oublié” : telle est la riposte donnée par un chef de chœur lituanien à un musicien polonais à Moscou dans les années 70. À ce moment de l’histoire, il semblait impossible que son pays retrouve un jour son identité nationale, et pour nous autres européens, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie étaient tout simplement engloutis dans l’empire soviétique, et leurs langues et leurs cultures individuelles ignorées.
    Ainsi, quand la direction de Lille 3000 m’a proposé de présenter une journée autour des quatuors baltes, j’ai eu d’abord du mal à évoquer les trois pays, et je ne connaissais guère plus que deux compositeurs, Arvo Pärt et Peteris Vasks (le premier a composé un quatuor à cordes dans sa jeunesse, mais interdit son interprétation en public ; j’ai donc préféré programmer deux compositeurs estoniens moins connus).
    En cherchant, j’ai pourtant découvert une pléthore de compositeurs baltes, et j’ai été très touché par la volonté des organismes et des personnes dans les pays concernés de m’aider dans cette entreprise avec un réel désir de faire connaître leur musique par un public international. Il me semble probable que la plupart, si ce n’est pas la totalité, des œuvres choisies pour ces deux concerts sont créées pour la première fois en France aujourd’hui. J’ai été beaucoup assisté par les archivistes lettons et lituaniens, qui m’ont fourni des photocopies des manuscrits (Ivanovs et Bacevičius), ainsi que par le fils d’Eduard Tubin, qui a insisté auprès de l’éditeur pour que le manuscrit du quatuor de son père soit édité pour cette occasion. Il m’a écrit : “Pendant toute sa vie mon père a caressé l'idée d'écrire un quatuor à cordes, mais ne se sentait jamais prêt à l'affronter. Finalement, il reçut une commande de la Société des Étudiants Estoniens et c'est devenu l’une des ses dernières œuvres.”
    Il est évident que les liens entre les trois pays sont étroits, ainsi qu’avec les pays voisins, tel la Pologne. Les lettons Peteris Vasks et Jānis Ivanovs, par exemple, ont fait leurs études musicales à Vilnius ; le compositeur et peintre Mikalojus Čiurlionis (considéré comme le père de la musique nationaliste lithuanienne et qui a donné son nom à la fois au Musée National des Beaux-Arts et au Conservatoire de Musique de Lituanie) a fait ses études de musique et d’art plastique à Varsovie. Vytautas Bacevičius et Grażyna Bacewicz (qui figure dans la programmation de la prochaine journée du 24 mai) sont frère et sœur, enfants d’un père lituanien et d’une mère polonaise ; l’un choisit la nationalité lituanienne (avant de s'exiler aux Etats-Unis au début de la deuxième guerre) tandis que l’autre préféra la nationalité polonaise.
    Parmi les six œuvres que j’ai sélectionnées pour cette célébration du quatuor à cordes balte à travers le XXe siècle, quatre ont été écrites pendant la période d’occupation (dont deux en exil) et la volonté d’affirmer le caractère national est manifeste. Le choix de ces deux programmes n’a pas été facile car les critères étaient sévères – j’ai voulu inclure un représentant de chaque pays dans chacun des concerts, faire un panorama du XXe siècle, ne pas dépasser (trop) une heure de musique, assurer que les partitions soient disponibles et, surtout, présenter deux concerts avec un intérêt musical varié et enrichissant.        Paul Mayes