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CHAMBRE A PART ... - Page 15

  • Les Fables de La Fontaine

    Chers amis mélomanes

    Dimanche 20 mars à 11h à l'Auditorium du Conservatoire de Lille, place du concert, vous pourrez vous replonger dans les célèbres Fables de La Fontaine au son de la musique baroque.

    Nous accédons ainsi aux souhaits de ceux qui nous demandent de varier les plaisirs musicaux. N'hésitez pas à venir apprécier comment les trois musiciens vous feront revisiter ces contes, qui sont inscrits à la fois dans le patrimoine français et dans nos mémoires d'écolier.

    Un concert-conte musical à ne manquer sous aucun prétexte. Venez nomnbreux, amenez aussi vos enfants...naturellement,

    Ambre Chapart

    réservations : lesamischambreapart@orange.fr  ou +33 (0) 607 626 125

    Prochain concert le dimanche 3 avril à 16h au Palais des Beaux-Arts "Traveller Tchèque" autour des quatuors et quintettes de Dvorak

    Les artistes :

    Marc Ernotte        récitant
    Pascale Jaupart   viole de gambe
    Vincent Maurice   théorbe

     

    Le Programme :

    Robert de Visée  Prélude pour théorbe seul en mi mineur
    Le Loup et l’Agneau

    Karl Friedrich Abel  Prélude pour viole seule en ré mineur
    Le Gland et la Citrouille  

    Antoine Forqsueray Chaconne “La Buisson”, extraite de la 2ème suite en ré majeur
    Le Singe et le Dauphin

    Marin Marais Feste Champêtre, extrait de la Suite d’un goût étranger du IVème livre
    Le Lièvre et la Perdrix

    Marin Marais Muzette et Tambourin, extrait de la Suite d’un goût étranger
    Parole de  Socrate


    Marin Marais Les voix humaines, extrait du IIème Livre
    Le Fou qui vend la Sagesse  

    Marin Marais Couplets des Folies d’Espagne, extrait du IIème Livre
    La mort du Bûcheron

    Robert de Visée Tombeau pour théorbe seul en do mineur
    L’Avare  


    Louis de Caix d'Hervelois Plainte pour viole seule en ré majeur, extrait du 1er Livre
    Le Cochet, le Rat et le Souriceau

    Marin Marais Grand Ballet, extrait du IIIème livre
    L’Homme et son Image

    Le Cerf se voyant dans l’eau

    Marin Marais La Rêveuse, extrait de la Suite d’un goût étranger
    Le Loup et le Chien

    Marin Marais Couplets des Folies d’Espagne

    Robert de Visée.JPGRobert de VISÉE (ca. 1655 – 1732/33) entre à la Musique de la Chambre du roi Louis XIV vers 1680 et devient « maître de guitare du Roy » vers 1719. Au théorbe et à la guitare, il participe régulièrement aux soirées données par Madame de Maintenon. On le sait toujours vivant en 1732 par des états de paiement qui lui sont adressés.

     

     

     

     
    Dernier virtuose de la viole de gambe et compositeur de nombreuses œuvres pour cet instrument, Karl Karl Friedrich Abel.JPGFriedrich ABEL (1723 - 17587) fut élève de Johann Sebastian Bach. Gambiste de la Chapelle de Dresde avant de s’installer à Londres, il était aussi excellent claveciniste et corniste.

     
     

     

     

     

     

    Antoine Forqueray.JPGAntoine FORQUERAY (1699-1782) eut l’honneur très jeune de jouer de la basse de violon devant Louis XIV, qui demanda qu’on enseignât la viole au jeune musicien. Devenu gambiste virtuose, il fut nommé à La Chambre du Roy en 1689. Jusqu’en 1710, il était accompagné de sa femme, claveciniste, dans ses récitals.

     
     

     

     

     

    Marin MARAIS (1656 - 1728) et Antoine Forqueray ont été, à égalité, considérés par leursMarin Marais.JPG contemporains comme les deux plus grands virtuoses de la viole. À peine âgé de vingt ans, il fait partie de la Musique du roi Louis XIV, qui l’estimait particulièrement. Célèbre pour son talent d’exécutant sur la basse de viole, il exerça pendant vingt-cinq ans les fonctions de chef d’orchestre à l’Opéra, et donna à ce théâtre quatre ouvrages.

     

     

     

     

    Louis de Caix d'Hervelois.JPGNé à Amiens, Louis de CAIX d’HERVELOIS (1680 - 1760) fut sans doute élève de Marin Marais. Le jeune Louis XV lui accorda en novembre 1719 la permission « de faire imprimer et graver et donner au public divers ouvrages de Musique, tant Vocale qu’instrumentale, et pour la basse de Viole à deux, ou plusieurs parties », et ce pour neuf années consécutives, publiant quatre volumes de pièces de viole entre 1725 et 1752 et deux volumes de pièces pour la flûte.

     

  • Bach éternel absolu musical

    Cher amis mélomanes,

    Dimanche 6 mars à 11h à l'auditorium du Conservatoire de Lille, premier Concert Croisé de la saison, autour de l'alto et de la viole de gambe.

    Un programme Bach, dans ses célèbres Brandebourgeois et la cantante "Que ma joie demeure". Des oeuvres indémmodables, des standards diraient le jazzmen. Oui on peut le dire tant les interprétations de ces oeuvres ont varié depuis que des enregistrements existent.

    Juliette Danel et Paul Mayes (alto et viole de gambe), avec leurs amis Stéphanie Mouchet, violoncelle, et Kevin Lopata, contrebasse, emméneront une pléiade de jeunes musiciens, pour faire honneur à la musique de Bach.

    Vous connaissez maintenant le principe des concerts croisés. les jeunes musiciens, dont certains sont à la porte du professionnalisme, haussent leur jeu pour croiser l'archet avec les pros. Des concerts pleins de promesses toujours tenues. Ne manquez pas ce rendez-vous. Nous vous y attendons nombreux. Et comme d'habitude, nous échangerons nos impressions avec les musiciens après le concert.

    Ambre Chapart.  lesamischambreapart@orange.fr  06 07 62 61 25

    Johann Sebastian BACH  
    Concerto brandebourgeois no 3 en sol majeur, BWV 1048
    Paul Mayes, Louise Vanderlynden, Isabelle Brodka,  violons
    Juliette Danel, Sarah Maxwell, Frédéric Matte,  altos
    Stéphanie Mouchet,  violoncelle
    Kevin Lopata,  contrebasse

    Chaconne de lé Partita no 2 pour violon seul, BWV 1004
    Transcription pour 4 altos par Ichiro Nodaïra
    Paul Mayes, Emma Girbal, Violaine Willem, Anissa Amrouche

    Concerto brandebourgeois no 6 en si mineur, BWV 1051
    Paul Mayes, Thèo Delianne, Gabrielle-Marie Renard,  alto I
    Amélie Gros, Florence Detrez, Lilian Grosjean-Pascal,  alto II
    Emma Girbal, Violaine Willem,  viole de gambe I
    Juliette Danel, Anissa Amrouche,  viole de gambe II
    Stéphanie Mouchet,  violoncelle
    Kevin Lopata,  contrebasse

    Air de la Suite pour orchestre no 3, BWV 1068

    “Jésus que ma joie demeure”
    Choral de la cantate BWV 147 “Herz und Mund und Tat und Leben”
    L’ensemble des participants

    Jean Sébastien Bach.JPGLe jeune prince Leopold de Köthen (1694-1728), mélomane et musicien amateur, employait à sa Cour un ensemble de 18 musiciens lorsqu’en 1717 il engagea Johann Sebastian Bach comme maître de chapelle. Bach devait être hautement estimé si l’on en juge par son salaire deux fois supérieur à celui d’un directeur musical habituel. De ses années passées à Cöthen, Bach a laissé quelques unes de ses plus importantes compositions instrumentales, Inventions, Suites françaises, Le Clavier bien tempéré, Sonates et Partitas pour violon seul, Suites pour violoncelle solo, Sonates pour flûte, pour violon et pour viole de gambe et clavecin, Suites pour orchestre, Concertos pour violon et Concertos Brandebourgeois.
    En 1719 le margrave de Brandebourg, le prince Christian Ludwig, commanda de la musique au maitre de chapelle de Cöthen mais ce ne fut qu’en 1721 que Bach lui envoya un ensemble de six concertos dans lesquels il avait rassemblé des compositions récentes avec quelques pièces datant de sa période à Weimar (1714-1717) ainsi que des arrangements d’œuvres antérieures, le tout accompagné d’une humble dédicace. Bach, peut-être alors en quête d’un nouvel emploi, s’est-il souvenu avec une pointe d’opportunisme de l’intérêt que le puissant margrave lui avait porté deux ans auparavant, et se rappelle-t-il donc à ses bons souvenirs en lui dédiant le meilleur de son art concertant dans l’espoir d’un poste. Le margrave de Brandebourg, qui ne disposait pas d’un orchestre adéquat pour les jouer, ne fit aucun remerciement et ne parla d’aucun paiement. Le manuscrit ne porte aucune trace d’utilisation.
    Selon Philip Pickett*, en présentant cette collection au margrave, Bach pensait lui offrir un « triomphe musical », une « procession » de tableaux allégoriques similaires aux spectacles en vogue à l’époque  pour célébrer les importantes affaires d’état. Bach honorait le margrave dans le style d’un héros antique avec un objet de contemplation et d’étude : telle une « vanité », il y incluait de nombreux symboles et métaphores destinés à être interprétés selon les associations traditionnelles, ainsi que par la perception, les connaissances et les raisonnements du destinaire.

    Le Concerto no 3 demande trois groupes de cordes (violons, altos et violoncelles) divisés en trois parties ; la forme du premier mouvement est tripartite et la principale figure musicale est formée de trois notes dans un mouvement en tierces. Plutôt qu’une méditation sur la Trinité, ce mouvement représente peut-être une réflexion sur la série spéculative de trois octaves qui représentait pour les théoristes et philosophes du 16e et du 17e siècles les neuf ordres d’anges de l’empyrée, les neuf sphères du ciel éthéré et les neuf régions du monde élémental. Les neuf sphères était liées aux neuf Muses, qui, tels les anges, étaient considéré comme des messagers chargés de transmettre leur mission divine aux artistes. En le comparant aux Muses, ce concerto célèbre donc le margrave pour son rôle de mécène et patron notoire des arts.

    La couleur sombre du Concerto no 6, sans violons, serait traditionnellement associée à la mort, et il existe un parallèle entre ce morceau et et le thème allégorique de “la Rencontre entre les trois vivants et les trois morts” que l’on trouve dans les sources littéraires et visuelles du 17e siècle. Dans le premier mouvement, trois jeunes princes insouciants (les 2 altos et le violoncelle) au retour de la chasse rencontrent trois cadavres, représentés par les trois instruments archaïques : les 2 deux violes de gambe et le violone (ancienne contrebasse). Les figures funestes mettent en garde les trois princes et les incitent à se repentir, car la richesse comme la beauté est condamnée à disparaître. Le paisible deuxième mouvement représente la rédemption des âmes des trois princes, ayant pris conscience de l’avertissement, et l’esprit dansant du mouvement final présente une vision des agneaux de Dieu gambadant dans les prés du paradis.
    Le prince Léopold lui même était violiste amateur et la simplicité des parties de viole lui rendait l’œuvre sans doute accessible. Les deux parties d’alto et celle de violoncelle sont notoirement ardues ; on sait de plus que Bach était altiste, ce qui laisse imaginer que ce concerto était destiné personnellement à Léopold et qu’ils le jouèrent ensemble.
    *J.S. Bach: The Brandenburg Concertos, A New Interpretation

    http://www.recorderhomepage.net/brandenburgs.html

    La Partita en ré mineur pour violon seul a été écrite par Bach durant la période 1717-23 et il est possible qu’il l’ait composé à la mémoire de sa première épouse, Maria Barbara Bach. Ecrite en cinq mouvements, l’Allemande contient déjà une allusion à la basse répétée, qui dès lors ne cesse de hanter la pièce jusqu’à faire sa pleine apparition dans la Chaconne. Bien que les quatre premiers mouvements correspondent à la norme baroque d’une suite de danses allemandes, le caractère globalement sombre de la partita est renforcée par la monumentale Ciaccona qui clôt l’œuvre, dépassant en durée la totalité des mouvements précédents. La Chaconne a une structure binaire symétrique : le thème suivi de 30 variations, puis, de nouveau, le thème suivi de 30 variations, pour conclure par le thème et une variation cadentielle (il est à noter que Bach utilisé également la structure de thème avec trente variations dans les Variations Goldberg).
    Un sommet du répertoire pour violon solo, englobant tous les aspects de la technique du violon connue à l’époque de Bach, La Chaconne est considérée parmi les pièces les plus exigeantes pour  l’instrument. Depuis l’époque de Bach, plusieurs transcriptions de l’œuvre sont apparues pour d’autres instruments, en particulier pour le piano par Ferruccio Busoni et Alexander Siloti, pour piano main gauche par Brahms, ainsi que pour flûte, pour guitare (par Andres Segovia) et récemment une transcription pour basson a été éditée afin de mettre en évidence les capacités des nouveaux systèmes de clés pour cet instrument. Au moins trois transcriptions ont été publiées pour orgue solo ainsi que d’autres pour grand orchestre par Leopold Stokowski et Joachim Raff.
    Dans une lettre à Clara Schumann, Johannes Brahms a déclaré au sujet de la Chaconne : “Sur une seule portée, pour un si petit instrument, cet homme écrit tout un monde de pensées les plus profondes et des sentiments les plus puissants. Si je pouvais imaginer d’avoir créé, ou même d’avoir simplement conçu cette œuvre, je suis certain que le bouleversement provoqué par une telle expérience m’aurait fait perdre la tête.”

    Né en 1953 à Tokyo, Ichiro Nodaïra étudie la composition à l’Université des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo. En 1978, il obtient une bourse du gouvernement français qui lui permet de poursuivre sa formation au CNSM de Paris. Après l’obtention des Premiers prix en composition, analyse et accompagnement au piano, il participe à différents stages animés par György Ligeti, Franco Donatoni, Peter Eötvös et Brian Ferneyhough. Il mène depuis lors une double carrière de pianiste et de compositeur. De 1994 à 2000, il est directeur artistique de l’ensemble Tokyo Sinfonietta et depuis 1990, il est professeur à l’Université des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo.

    Bach a composé quatre suites pour orchestre, aussi surnommées Ouvertures en raison de l’importance du premier mouvement. Les suites sont composées d’une succession de danses variées, le premier mouvement étant toujours une ouverture constituée de deux parties : une lente et une rapide en forme de fugue.
    Le célébrissime Air, deuxième mouvement de la 3ème Suite, est souvent appelé Air sur la corde de sol,  grâce à une adaptation réalisée par August Wilhelmj pour violon et piano et qu’il jouait entièrement sur sa corde de Sol.

    “Jésus que ma joie demeure”, de la cantate BWV 147 Herz und Mund und Tat und Leben (“Le cœur, la bouche, l’action, la vie”) composée durant la période où Bach était à Weimar, a été exécutée à Leipzig le 2 juillet 1723, à l’occasion de la fête de la Visitation de la Vierge Marie.
    “Jésus que ma joie demeure à ton nom, à tout jamais. Il guérit toutes les blessures et ma force vient de sa grandeur. Dans l’espoir puis la lumière, il éclaire mon cœur et mon âme. Jour et nuit il m’accompagne. Doux Jésus, Oh Doux Seigneur.”

  • La contrebasse à l'honneur

    L'Heure est Grave annonce Chambre à part.

    Dimanche 13 février à 11h au Conservatoire de Lille, place du concert, la contrebasse se fera chantante, dansante, mélodieuse dans le quintette de Dvorak.

    Nous aurons aussi le plaisir d'entendre le trop méconnu Franck Martin dans une Pavane et de découvrir Whilhelm Berger dans son 5e quatuor à cordes.

    Classique et découverte deux raisons supplémentaires de nous rejoindre au concert ce dimanche.

    Frank Martin  Pavane “Couleur du temps”
    Wilhelm Georg Berger  Quatuor à cordes no 5
    Antonín Dvořák  Quintette à cordes en sol majeur, op.77        

    Alexandre Diaconu violon        
    Vera Lopatina violon
    Paul Mayes  alto
    Johanna Ollé violoncelle
    Édouard Macarez contrebasse

    Lisez le programme préparé par Paul Mayes et amenez vos amis pour partager la musique.

    Ambre Chapart

    pour réserver : lesamischambreapart@orange.fr ou tél. 06 07 62 61 25

    pour retrouver le programme de la saison 2010-2011

     

    Franck Martin.JPGNé a Genève, Frank Martin fut le dixième et dernier enfant du pasteur Charles Martin. Avant même d’aller à l’école, il jouait du piano et improvisait. A douze ans il eut l’occasion d’entendre une exécution de la Passion selon Saint Matthieu ; l’émotion ressentie par l’enfant fut décisive et laissa ses traces durant toute la vie du compositeur, pour qui Bach resta le véritable maître. Il étudia les mathématiques et la physique à l’Université de Genève pendant deux ans (selon le souhait de ses parents), tout en travaillant à la composition et en étudiant le piano au Conservatoire de Genève avec Joseph Lauber et Émile Jaques-Dalcroze. Au cours de différents voyages, il découvre les grands courants esthétiques des années vingt, notamment l’impressionnisme. En 1926, il fonde la Société de Musique de chambre de Genève, qu’il dirige comme pianiste et claveciniste pendant dix ans. De 1928 à 1939, il enseigne l’improvisation et le rythme à l’Institut Jaques-Dalcroze, tout en assurant parallèlement des cours au Technicum Moderne et au Conservatoire de Genève. Vers 1932 il se familiarise avec la théorie dodécaphonique de Schönberg, dont il retient certains éléments, sans jamais renier pour autant le sens tonal de la musique. En 1938, il reçoit une commande et écrit le Vin Herbé, un madrigal pour choeur à douze voix, sur une adaptation du Tristan par Joseph Bédier. Cette oeuvre, créée en 1942, dont la technique compositionnelle sera décrite comme “dodécaphonique tonale ou harmonique” attire l’attention internationale sur le compositeur. En 1946, il s’installe en Hollande, et de 1950 à 1957, il enseigne la composition à la Hochschule für Musik de Cologne.
    Martin composa sa brève "Pavane couleur du temps" en 1920. Conçue pour un quintette à cordes, elle fut transcrite pour orchestre en 1954 et il en existe également une version pour piano à quatre mains. Œuvre de jeunesse donc, alors que Martin, après une première période postromantique, explorait la musique impressionniste française, dont l'influence est très reconnaissable. Mais on y trouve déjà, outre les prémices d'une originalité qui deviendra souveraine, l'exigence et la rigueur dont Martin fera preuve toute sa vie.
    Le titre est tiré du conte “Peau d’Âne”, dans lequel la jeune héroïne de l’histoire reçoit des cadeaux d’une fée, parmi lesquels une robe dans la couleur qu’elle souhaite. Elle choisit “couleur du temps”, avec toute l’ambiguité que le mot présente en français. Le chef d’orchestre suisse Ernest Ansermet a écrit ceci à propos de l’œuvre : “Martin fait preuve ici de son talent lyrique : la musique de cet artiste est avant tout mélodie, comme un chant d’un long souffle qui se déploie de tous côtés.” L’auditeur est invité a décider pour lui-même s’il existe une corrélation entre la couleur du titre et et l’air du temps de sa création, à l’issue de la Grande Guerre.


    Wilhelm Georg Berger, altiste, compositeur, musicologue et chef d’orchestre roumain, a suivi les Wilhelm Berger.JPGcours du Conservatoire de Bucarest entre 1948 et 1952. Il a été altiste dans l’Orchestre Philharmonique George Enesco de Bucarest de 1948 à 1958 et dans le Quatuor de l’Union des Compositeurs de 1953 à 1958. De 1968 à 1989, Berger a été secrétaire de l’Union Nationale des Compositeurs et en 1991, il est devenu membre correspondant de L’Académie Roumaine et professeur associé de l’Académie de Musique de Bucarest.
    Il a collaboré avec la radio et la télévision roumaine pour populariser la musique classique et a tenu des conférences en Roumanie et dans l’ancienne R.D.A. Il a également publié des essais et de nombreux articles différentes revues. En qualité de chef d’orchestre, il a dirigé les orchestres symphoniques des principales villes de Roumanie dont Iasi, Brasov, Targu-Mures et Arad et a été membre du jury dans de grands concours nationaux et internationaux.
    Avec son esprit encyclopédique, W.G.Berger est le type même du créateur érudit, ses compositions ayant un style personnel marqué par la nature modale de son langage mélodique et harmonique, développant des mouvements cycliques avec des formes amples à l’allure monumentale. Sa création est basée sur l’expression numérique du Nombre d’Or et de la suite de Fibonacci dans l’organisation tonale et harmonique, mais les paramètres de la durée et du timbre sortent de l’incidence du calcul numérique traités librement.
    Sa prolifique création comprend 21 symphonies, 18 quatuors, oratorios, sonates, concertos, messes et musique pour orgue, et on retiendra aussi les nombreux prix de composition : Monaco 1964 (sonate pour violon), Liège 1965 (sixième quatuor), Bruxelles 1966 -premier prix Reine Elisabeth (concerto pour violon et orchestre). Ses travaux théoriques comprennent des séries de livres sur la sonate, le quatuor à cordes et le concerto.
    En tant que secrétaire de l’Union des compositeurs il a su assurer une certaine indépendance de cet organisme par rapport à l’Etat communiste et il a soutenu de tout son poids, dans des temps très difficiles, le Festival de Musique de Chambre de Brasov et son Concours de Quatuor à Cordes, réputé dans toute l’Europe de l’Est.


    Antonin Dvorak.JPGLe Quintette à cordes op.77 fait partie des œuvres d’Antonin Dvorak au sujet desquelles l’éditeur Simrock a fait une erreur, en leur attribuant des numéros d’opus bien plus élévés que ceux qui devaient leur revenir. Dans le cas présent, d’après l’année 1875 où il a été composé, ce quintette devrait porter le numéro d’opus 18 plutôt que 77. Cependant, ce quintette est la première manifestation d’un abandon de l’influence envahissante de Wagner et des romantiques allemands, au profit d’un retour à l’inspiration nationale tchèque sous l’influence musicale et politique de Smetana. L’œuvre est bâtie sur les quatre mouvements traditionnels (avec le mouvement rapide en second) pour quatuor à cordes et contrebasse. On sait pourtant aujourd’hui que la version d’origine intégrale était en cinq mouvements : le deuxième mouvement, qui était lent - et court -, fut supprimé dans l’édition. L’utilisation de la contrebasse dans un quintette est évidemment très intéressante et extrèmement rare. Dvorak a ici considérablement compliqué sa tâche mais son objectif a été de libérer le violoncelle pour lui permettre de se consacrer à la ligne mélodique. Il lui a donc fallu un autre instrument d’une tonalité grave pour assurer la ligne de la basse. L’œuvre fut créée le 18 mars 1875 à l’Umelecka Deseda (1’Union des Artistes), par un ensemble de cordes dirigé par le leader du Quatuor de Bohême, Frantisek Ondricek.